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Guinée: le gouvernement en difficulté sur la pénurie d’électricité

Mise à jour le 08/01/2018 à 11h49 Publié le 08/01/2018 à 11h46 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Economie
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#Guinée : Le gouvernement guinéen n’arrive pas à convaincre sur les raisons des délestages redevenus récurrents à Conakry depuis la mi-décembre 2017. Les manifestations se multiplient à Conakry et les opposants au régime y trouvent une aubaine pour clouer Alpha Condé au pilori.

D’abord expliqués par l’étiage du fleuve Konkouré, sur lequel est bâti le barrage hydroélectrique de Kaléta (240 mégawatts), les délestages électriques à Conakry sont aussi justifiés par les créances impayées de près de 300 milliards de francs guinéens (27,65 millions d'euros) dues à l’entreprise mauritanienne Star Oil, qui fournit du combustible aux centrales thermiques d’EDG, la Guinéenne de l’énergie.

A EDG, on estime à 150 mégawatts la puissance retirée du réseau thermique de Conakry, alors que la puissance du barrage hydroélectrique de Kaléta est tombée à moins de 80 mégawatts/heure. Sauf qu’aucune de ces raisons n’arrive à baisser les critiques et les émeutes anti délestage. Depuis jeudi, ça chauffe dans plusieurs quartiers. A Cosa, en haute banlieue de Conakry, seul le retour de l’électricité ramène le calme.


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Samedi, les manifestations ont repris de nuit à Cosa après des «révélations» de Cellou Dalein, le chef de file de l’opposition, sur ce problème d’électricité. Selon le chef de file de l'opposition, les délestages actuels sont du fait de l’attribution du marché de la production thermique à des amis d’Alpha Condé.

«A Conakry, vous avez 570 mégawatts de capacité installés dont 200 sont thermiques. Mais la production thermique, il (Alpha Condé) l’a attribuée à ses amis. Avant, c’était K-Energy (une entreprise locale). Aujourd’hui c’est AON de ses amis mauritaniens qui ont le marché pour fournir l’électricité à EDG (la Guinéenne de l’électricité)», accuse Cellou Diallo qui s’est exprimé à l’assemblée hebdomadaire de son parti.


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Poursuivant sa critique contre Alpha Condé, Cellou Diallo dira, concernant le prix de l’électricité, fixé entre 3.000 et 3.600 francs guinéens (plus de 3 euros) le kilowatt/heure: «aucun Guinéen ne peut acheter l’électricité à 3.000 le kilowatt/HEURE. EDG n’a pas participé à la négociation, le ministère de l’Energie non plus. Alpha a décidé de donner à ses amis mauritaniens, de donner à K-Energy, et le prix a été fixé à l’avance», a-t-il dit. Selon Cellou Dalein, l’électricité est vendue à 3.000 francs guinéens le kilowatt/heure à EDG, alors que celle-ci ne peut vendre au consommateur qu’à 1.000 francs guinéens le kilowatt.

A EDG, on soutient plutôt que l’Etat devrait payer la facture de Star oil, et tout sera réglé pour que celle-ci continue à fournir du gasoil aux centrales thermiques de Conakry. 

Le 08/01/2018 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou