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Guinée: le ministre de la Défense tente de réparer la déclaration scandaleuse d'un haut commis de l'Etat

Publié le 30/10/2017 à 07h48 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
Mohamed Diané

#Guinée : A la veille de la célébration de la fête de l'Armée, le ministre de la Défense, Mohamed Diané a tenu à réparer une déclaration scandaleuse d'un haut commis de l'Etat. Malick Sankon, directeur de la Caisse nationale de sécurité sociale a déclaré publiquement avoir constitué une miliced'auto défense.

La déclaration du directeur de la Caisse nationale de sécurité sociale a poussé le ministre de la Défense à s'exprimer pour une des rares fois au siège du parti au pouvoir. Et dans ses propos renchérissant une déclaration publiée ce samedi sur le même, Mohamed Diané a essayé de réparer la gaffe du directeur.

"Le président Alpha condé et son gouvernement n’accepteront jamais la formation de milices d’autodéfense dans notre pays. Seules les forces de défense et de sécurité qui sont habilitées à assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens", a-t-il dit, après avoir affirmé que le Rpg Arc-en-ciel "s’est battu pendant 25 ans pour un Etat de droit, pour la démocratie, pour la justice et le développement équilibré en Guinée."
 
Le ministre a indiqué que le parti est toujours resté dans la légalité du combat qu'il a mené. "Si de tels propos ont été tenus au niveau de notre assemblée générale, nous le regrettons", a-t-il fini par déplorer en  l'absence de Malick Sankhon.


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"Quand nous avons mis sur pied un mouvement appelé les Chevaliers de la République, les gens ont raconté partout qu’on a créé une milice privée. Pour ne pas salir le gouvernement d’Alpha Condé, ce mouvement a été dissout. Depuis hier (vendredi 13 octobre), j’ai reconstitué 2.500 à 3.000 jeunes dans Conakry. Quiconque s’amuse à nous provoquer, je jure, nous marcherons dessus".


Cette déclaration de Malick Sankhon, tenue samedi 14 octobre à l'assemblée hebdomadaire du parti au pouvoir, a fait les choux gras de la presse nationale et soulevé une vague d'indignation et de condamnation dans le pays. "Je prends le parti à témoin. Quiconque désormais s'amuserait à venir à la Caisse pour troubler la quiétude des travailleurs, je vous le jure, tu ne sortiras pas indemne",  avait-il d'ailleurs entamé cette annonce scandaleuse.


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La société civile guinéenne a condamné cette déclaration, la qualifiant d'irresponsable et dangereuse. "Elle contribue à l'incitation à la violence, à haine et à division de la population", a déclaré le PCUD (Plateforme nationale des citoyens unies pour le développement). "Nous condamnons les propos de Malick Sankhon avec beaucoup d'énergies", avait déclaré le président de l'INIDH (Institution nationale indépendante des droits de l'Homme).  


Pour sa part, le chef de file de l'opposition avait considéré qu'avec cette déclaration, il "s'agit d'exercer des violences sur l'UFDG (le parti phare de l'Opposition) et l'opposition". Et, un député de l'opposition avait annoncé une plainte contre le directeur national de la Caisse de sécurité sociale.
Le 30/10/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou