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#Société

Vidéo. Guinée–Tabaski: mouton et bazin trop chers pour beaucoup de Guinéens

Mise à jour le 28/08/2017 à 12h51 Publié le 28/08/2017 à 12h47 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Guinée : Les prix exorbitants des moutons vont amener de nombreux Guinéens à se contenter d’autres viandes pour l’Aїd al-Adha, la plus importante fête musulmane. Pour les mêmes raisons, le beau tissu malien, le bazin, dont on fait les habits de fête, ne sera pas porté par tous.

Comme depuis quelques années, en Guinée, de nombreuses familles n’auront pas de mouton à sacrifier pour l’Aїd al-Adha. Elles devront se contenter d’autres viandes pour le repas de fête. En cause, le prix exorbitant de l’animal sur pattes.

Dans les marchés aux moutons, les acheteurs se plaignent. "Si on en a les moyens, il est préférable d’aller à Bamako", estime Aїcha Camara, rencontrée au marché de Yimbaya en compagnie de sa mère et de son frère. Ce samedi 26 août, après plusieurs minutes de négociations, la famille Camara a pu acquérir deux maigres moutons à 3 millions de francs guinéens (environ 300 euros). "C’est vraiment trop cher. L’année dernière on a acheté deux moutons à Bamako à des prix plus raisonnables qu’à Conakry. D’ailleurs, là-bas, les moutons sont un peu plus costauds que ceux de Conakry", remarque la jeune dame.

Un million cinq cent mille francs guinéens, c’est le prix d'un des moutons les moins chers. Au marché de Yimbaya, il y a des béliers de 6 millions de francs guinéens. "Il y a des moutons d’un million et même de 900 000 francs guinéens. Sauf qu’ils sont vraiment trop maigres", explique Moussa Soumah, un vendeur.



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Si des familles comme celle d’Aicha Camara peuvent se permettre d’acheter deux moutons à trois millions de francs guinéens, beaucoup d’autres familles ne peuvent pas débourser une telle somme pour la fête. Trois millions de francs guinéens, c’est plus que le salaire d’un fonctionnaire de la hiérarchie A (titulaire de licence ou master). "Je suis venu afin de me trouver un mouton, mais je ne peux rien avoir avec l’argent que j’ai. Je n’aurai donc pas de mouton à sacrifier à moins que je m’associe avec mes voisins", explique Sekou Cissé, qui est reparti chez lui sans un moindre mouton.

Accusés de faire grimper les prix à chaque fête de Tabaski, les marchands de moutons ont leurs arguments pour se défendre. "Le prix ne dépend pas de nous. Les moutons sont déjà chers dans la campagne où nous les prenons. A cela, il faut ajouter le coût du transport. Après tout, nous savons tous que l’élevage n’est pas développé chez nous", réplique Moussa Soumah.

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La Guinée n’est pas un pays d’élevage par excellence, mais les moutons prévus pour Tabaski envahissent depuis quelques jours les points de vente de bétail. D'autres sont importés depuis le Mali voisin. Le seul problème c’est que les acheteurs se font rares. "D’habitude, nous enregistrons l’affluence à la dernière minute. Nous espérons que ça sera encore le cas cette année", confie Mamadou Sow, vendeur.


Bazin également cher


En Guinée, il n’y a pas que le mouton à acheter pour la fête de Tabaski. Il y a aussi le beau boubou en bazin malien que tout le monde aimerait porter le jour de la fête. Sauf que se trouver un bazin n’est pas chose facile. Un bazin de moindre qualité coûte déjà 600 mille francs guinéens (60 euros). "Le bon bazin c’est autour d’un million de francs guinéens. C’est comme ça depuis l’année dernière. En tout cas nous ne pouvons pas trouver du bazin pour tous les membres de la famille. Pour nos deux garçons, mon mari va leur trouver autres habits", indique madame Aissatou Bah, rencontrée au marché Madina où elle cherchait des habits de fête.

Comme chez les Bah, dans beaucoup de familles, le bazin n’est souvent pas nécessaire pour les enfants. "On aimerait bien leur trouver du bazin pour leur boubou de prière, mais c’est trop coûteux de trouver du bazin pour le père, pour la mère et pour les enfants", indique madame Soumah, mère de quatre enfants.

Comme les années précédentes, les Guinéens vont encore célébrer Tabaski avec les moyens du bord.
Le 28/08/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou