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Guinée: vers la biométrisation des candidatures au baccalauréat

Publié le 05/01/2018 à 13h32 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Ibrahim Khalil Konaté

Ibrahim Khalil Konaté, ministre de l'Education nationale.

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#Guinée : En Guinée, le ministre en charge de l’Education nationale poursuit sa réforme de manière parfois controversée. Après avoir supprimé les notes de cours et les évaluations mensuelles, il annonce la biométrisation des candidatures aux examens nationaux.

Arrivé à la tête du département de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, devenu par la suite ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté multiplie les décisions en vue d'améliorer la qualité de l’éducation guinéenne.

Entre autres, il a fait supprimer les notes de cours dans le calcul de la moyenne du baccalauréat et éliminer les évaluations mensuelles au profit des compositions trimestrielles. Des mesures qui n’ont pas fait l’unanimité. Pourtant, Konaté entend aller jusqu’au bout. Et rien ne semble l’arrêter. Ni les critiques, ni son passage raté à l’Assemblée nationale en décembre dernier. Mercredi, il a annoncé une nouvelle série de mesures. Par ces dernières, il entend empêcher les fraudes lors des différents examens nationaux. Parmi ces mesures, la biométrisation des candidatures aux examens nationaux.


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«Nous nous sommes rendu compte que des élèves sont admis au baccalauréat avec 10 de moyenne, ils sont à l’université et ils viennent reprendre (le bac) en 2017, juste pour être lauréat et avoir une bourse de l’extérieur. Nous allons donc  proposer au gouvernement d’accepter que nous introduisions la biométrie au niveau des candidatures», a dit le ministre Ibrahima Kalil Konaté dans un entretien à la radio nationale.
 
Le ministre dit avoir épinglé 88 faux lauréats en faisant le croisement des sessions 2015, 2016, 2017 du baccalauréat unique en Guinée. Les intéressés seraient déjà des étudiants. «J’ai pris la responsabilité de les faire remplacer par des vrais candidats parce qu’on ne passe pas deux fois le bac, on doit le passer une seule fois dans la vie scolaire», indique Ibrahima Kalil Konaté qui n’attend que le quitus du gouvernement pour déclencher le recensement biométrique des candidats aux examens nationaux. «On a l’équipement disponible, on a le personnel déjà mobilisé pour faire ce  recensement qui ne prendra même pas trois semaines», a-t-il annoncé.


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Konaté veut également introduire une deuxième session au baccalauréat. Son objectif: donner une seconde chance à certains candidats. «L’année dernière, quand j’ai analysé les résultats du baccalauréat, j’ai constaté que des élèves ont échoué à cause d’une seule matière sur sept. Donc je pense qu’on peut leur donner une deuxième chance», explique le ministre.

 
Il faut rappeler que les premières mesures du ministre Ibrahima Kalil Konaté ont permis de limiter les fraudes au baccalauréat en 2017. Résultat: seulement 27,15% de réussite, soit l’un des plus faibles taux des 10 dernières années. Les fuites de sujets, les achats de notes, les substitutions de candidats ont souvent laissé une image sulfureuse aux examens nationaux.
Le 05/01/2018 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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