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Union Africaine: ratifications, le compte est loin d’être bon pour la Zleca

Mise à jour le 09/09/2018 à 20h34 Publié le 09/09/2018 à 10h59 Par Moussa Diop

#Economie
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#Maroc : Les pays de l’Union africaine ne se bousculent pas pour ratifier l’accord sur la Zone de libre–échange continentale africaine (Zleca). Jusqu'à présent, seulement 6 pays ont ratifié l’accord, dont aucun des pays les plus développés du continent.

Presque 6 mois après la signature de l’accord portant sur la Zone de libre-échange continental africaine (Zleca), le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda, on est encore loin des 22 ratifications nécessaires à l’entrée en vigueur de cet important accord. Pourtant, 180 jours après la signature de l’accord, cette zone de libre-échange devrait rentrer en vigueur une fois que 22 pays aient ratifié l’accord.

Seulement, si le nombre des signataires s’établit désormais à 49 pays, sur les 54 que compte le continent, après les adhésion de 5 nouveaux pays –Afrique du Sud, Sierra Leone, Namibie, Lesotho et Burundi-, lors du sommet de Nouakchott, en Mauritanie, le 1er juillet dernier, à date d’aujourd’hui, seulement 6 pays ont ratifié ou déposé des instruments de ratification de cet important accord. Il s’agit du Ghana, du Kenya, du Rwanda, du Niger, de l'Eswatini (ex-Swaziland) et du Tchad.


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D’autres pays sont aussi sur la voie de ratification. C’est le cas de la Mauritanie dont le gouvernement a adopté en fin juin dernier un projet de loi autorisant la ratification de l’accord.

Du coup, il est désormais certain que 6 mois après la signature de cet important accord, il est presque certain que le compte des 22 ratifications ne sera pas atteint à la date du 21 septembre courant.

D’ailleurs, dès le sommet de Nouakchott, on savait que beaucoup de pays étaient réticents à ratifier l’accord. Le président nigérien, qui pilote le volet intégration économique au sein de l’Union africaine, propose juillet 2019, lors du sommet ordinaire de l’Union africaine qui se tiendra à Niamey, comme nouvelle échéance pour rendre la Zleca effective.


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Reste que pour le président nigérien, Mahamadou Issouffou, la Zleca est sur la bonne voie. Nous avons dépassé, depuis le 21 mars 2018, le point de non-retour en ce qui concerne ce grand rêve de l’Afrique. Ce qui nous reste à faire, c’est d’avancer vite et bien».

Cet optimisme ne doit pas cacher certaines réalités. D’abord, la première puissance économique du continent, le Nigeria, n’a pas encore signé l’accord. Et certainement qu'il faudra attendre la prochaine présidentielle de 2019 pour espérer une adhésion du géant continental, à cause notamment de la réticence des syndicats et de certains puissants opérateurs économiques locaux.

Ensuite, parmi les signataires, aucune puissance économique du continent –Afrique du Sud, Egypte, Algérie, Angola, Maroc, Soudan, Ethiopie, etc.- n’a ratifié l’accord. Enfin, plusieurs petits pays craignent que l’entrée en vigueur d’un tel accord ne se traduise par la disparition de leur industrie naissance et peu compétitive.


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Reste que cet accord est nécessaire pour l’intégration économique du continent. Rappelons que ce marché unique de plus de 1,2 milliard de consommateurs et un PIB de plus de 3.000 milliards de dollars est une opportunité pour développer les échanges commerciaux au niveau du continent. Selon l’Union africaine, la mise en œuvre de la Zleca permettra d’augmenter de près de 60% le commerce intra-africain à l’horizon 2022.
 
Le 09/09/2018 Par Moussa Diop