Fermer

Banques marocaines: poids croissant des filiales africaines dans les résultats

Mise à jour le 08/10/2018 à 16h21 Publié le 08/10/2018 à 16h11 Par Moussa Diop

#Economie
banques marocaines
© Copyright : DR

#Maroc : Le poids des filiales africaines dans les résultats d’Attijariwafa bank et de BMCE Bank of Africa progresse. Au terme du premier semestre, elles ont représenté 34% du résultat net part du groupe agrégé des deux banques marocaines. La tendance devrait se confirmer davantage à l’avenir.

Les filiales des banques marocaines en Afrique jouent de plus en plus leur rôle de relais de croissance face à un marché local concurrentiel arrivé à maturité. Dans l'ensemble, la stratégie de croissance à l’international des banques marocaines au cours de ces dernières années s’avère globalement payante, comme en atteste les résultats réalisés par les filiales dans le reste du continent et le poids de plus en plus important de celles-ci dans les résultats des banques marocaines.

Au titre du premier semestre 2018, les résultats d'Attijariwafa bank et BMCE Bank of Africa montrent que le résultat net part du groupe agrégé des filiales africaines des deux groupes ressort à 1,34 milliard de dirhams, soit 34% du Rnpg des deux banques marocaines les plus présentes en Afrique, contre 32% au titre de l’exercice 2017.

D’abord, Attijariwafa bank, première banque du continent hors Afrique du Sud, continue à réaliser de bonnes performances en Afrique. Sur un Pnb groupe de 11,3 milliards de dirhams, la part des filiales africaines s’est établie à 3,94 milliards de dirhams, soit 34,3%. Celui-ci est en progression grâce notamment à l’effet périmètre. Au niveau du résultat net part du groupe (Rnpg), les filiales africaines du groupe ont dégagé 900,63 millions de dirhams, soit 32,2% du résultat du groupe.


LIRE AUSSI: Banques marocaines: contributions significatives des filiales africaines aux résultats financiers


Celles qui ont le plus contribué au Rnpg du groupe sont: Attijariwafa bank Egypt (180 millions de dirhams -MDH), Attijari bank Tunisie (65 MDH), CBAO du Sénégal (140 MDH), SIB de la Côte d’Ivoire (121 MDH), UGB du Gabon (115 MDH), SCB du Cameroun (87 MDH) et CDC du Congo (83 MDH). 

Engagé dans la restructuration et de développement des filiales acquises, notamment Attijariwafa bank Egypt, la contribution des filiales africaines devrait connaître une hausse significative au cours des prochaines années.

Pour sa part, le Rnpg des filiales de BMCE Bank of Africa (BBoA) s’est amélioré de 1% au moment où celui du groupe a enregistré un repli de 12,7% à cause d’une «pause» dans la croissance des actifs bancaires à la recherche d’une optimisation bilancielle en adéquation avec le contexte règlementaire, qui a impacté sur le Rnpg des activités Maroc (-16%) et Europe (-47%). Les filiales africaines ont généré un Rnpg de 440 MDH, soit 39% du Rnpg du groupe. Un niveau en amélioration de 7pbs de base comparativement à leur part au titre de 2017 (32%).


LIRE AUSSI: Afrique: seules les banques marocaines ont des perspectives positives, selon Moody's


Du côté des perspectives, outre le fait que les restructurations et les programmes de développement des filiales acquises soient loin de produire tous leurs effets, le poids des filiales africaines devrait s’améliorer dans les années à venir sous l’effet combiné de plusieurs facteurs.

D’abord, il y a les effets positifs que génèreront les restructurations entreprises par les maisons-mères pour améliorer le risque et la rentabilité des filiales grâce notamment au transfert d’expertise et d’expérience aux banques africaines.

Ensuite, il y a bien évidemment l’effet des changements de périmètre. A ce titre, on voit nettement l’impact de la filiale égyptienne d’Attijariwafa bank devenu, en un court laps de temps, la première filiale africaine en terme de contribution aux résultats. Elle a même réussi à coiffer au poteau Wafa Assurance. La CBAO au Sénégal et dans l'UEMOA, Attijari Bank Tunisie et la SIB en Côte d'Ivoire parviennent également à devancer l'assureur du groupe dans la contribution au Rnpg. Enfin, il y a aussi l’impact de la bancarisation des populations avec des taux de bancarisation qui atteint rarement les 20% dans de nombreux pays africains.
Le 08/10/2018 Par Moussa Diop