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De Rabat à Madagascar, comment Mohammed VI étend l’influence du Maroc

Mise à jour le 28/11/2016 à 21h04 Publié le 28/11/2016 à 18h55 Par Mar Bassine

#Politique
Maroc-tanzanie
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#Maroc : Après avoir noué des relations avec ses partenaires d'Afrique de l'Ouest et du Centre, Mohammed VI sort de "la zone de confiance et de confort" de la diplomatie marocaine. Le sultan chérifien se montre particulièrement stratège. Chaque alliance en apporte la démonstration, selon Jeune Afrique.


Kiosque Le360 Afrique. "Je connais l’Afrique et ses cultures mieux que peuvent le prétendre beaucoup d’autres. De par mes multiples visites, je connais aussi la réalité du terrain, et l’affirme en mesurant mes mots". C’est par cette citation pleine de sens que Jeune Afrique attaque son long article consacré à l’offensive de Mohammed VI sur continent. Confirmant l’affirmation, l’hebdomadaire note qu’aucun autre dirigeant ne peut prétendre en avoir fait plus, en Afrique du Nord, pas même Al Sissi, qui est de tous les événements. C’est à se demander si un autre que le souverain chérifien a autant passé de temps dans les pays du continent .


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En tant que prince, dans les années 1980, il a commencé ses voyages comme émissaire de son père à "l’époque délicate où l’Organisation de l’unité africaine [OUA] a reconnu le pseudo-État [sahraoui], d'où le retrait du Maroc, le 12 novembre 1984", confie un diplomate marocain toujours au même journal.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le Maroc a annoncé vouloir réintégrer les instances continentales en juillet dernier lors du sommet de l’Union africaine à Kigali. Si plus d’une trentaine de pays avaient accepté le "pseudo-Etat" dans les années 1980, en juillet dernier, 28 membres sur 54 ont demandé que soit suspendue la république autoproclamée. Si ce n’est pas un camouflet pour la diplomatie algérienne, cela y ressemble beaucoup.

Car, Mohammed VI sait nouer les alliances qu’il faut, en s’y prenant toujours au moment opportun. Il a balisé le terrain en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Et les grands groupes marocains ont agi comme un prolongement de la diplomatie. Avec ceci qu’ils ont une action permanente et des enseignes désormais visibles à chaque bout de rue, au Sénégal, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Burkina Faso, au Congo, etc.


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Après ce succès, le temps est venu de s’attaquer à ce qui était jusqu’ici terra incognita pour la diplomatie chérifienne. L’alliance stratégique avec Paul Kagamé est nouée en deux actes, l’invitation aux MedDays puis a suivi la visite officielle du président rwandais. Le voyage de Mohammed VI à Kigali n’était qu’une manière de confirmer cette amitié. Mohammed VI en a ensuite profité pour se rendre en Tanzanie ce qui lui permet d’étendre sa "zone de confiance et de confort", pour utiliser le langage des diplomates du sultan marocain.

Après le Gabon et le Sénégal, son retour à Marrakech, dans son pays, avait une touche plus africaine encore. Puisqu’il a profité de la COP22 pour regrouper les chefs d’Etat, de gouvernement et les ministres des Affaires étrangères dans l’African Action Summit.
Le roi marocain ne rate aucune occasion de vendre ses solutions contre la radicalisation. Son concept de co-émergence qui séduit un peu partout lui permettra-t-il de revisiter en profondeur la relation avec le Nigeria et la Zambie ? L’hebdomadaire le pense. Réponse début décembre.
Le 28/11/2016 Par Mar Bassine