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Mauritanie: des certificats de naissance délivrés aux réfugiés maliens

Publié le 23/02/2018 à 16h45 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
réfugiés maliens du camp de M'Béra
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#Mauritanie : Les autorités mauritaniennes et le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) ont entamé vendredi une opération de délivrance des actes d'état civil aux enfants de réfugiés maliens nés dans le camp de M'Bera, au sud-est de la Mauritanie.

La Mauritanie entame ce vendredi une opération de délivrance de certificats de naissance aux réfugiés maliens du camp de M'Bera, une localité située à 1.400 kilomètres au sud-est de Nouakchott, annonce un communiqué de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le HCR se félicite de cette opération, présentée comme «une première historique»: «Tous les réfugiés maliens pourront enregistrer la naissance de leurs enfants nés dans le camp, directement auprès des autorités nationales».

Rapportant quelques réactions recueillies à l’occasion du lancement de l’opération, le communiqué de l’agence onusienne cite un réfugié malien du nom d’Abdel Aziz, rencontré avec sa femme et ses enfants au camp de M'Bera: «Je suis flatté parce que j’ai finalement entre les mains les actes de naissance pour mes enfants. Cela montre qu’ils ont droit à une protection. C’est grâce à ces documents qu’ils pourront accéder à l’école et seront des citoyens reconnus. Aujourd’hui, je sais que ma famille ne peut plus se perdre».


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Grâce à cette opération, «7600 enfants nés dans le camp de M'Bera au cours des 6 dernières années recevront bientôt un certificat de naissance. C’est un développement sans précédent dans le cadre de la protection des droits des réfugiés en Mauritanie et qui n’avait jamais été réalisé dans l’histoire du pays depuis l’indépendance», ajoute le communiqué du HCR.

Cette opération a été rendue possible grâce à une collaboration entre l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS) et le HCR.

Dans une allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie de lancement de l’opération, l’administrateur, directeur général de l’ANRPTS, Ahmed Moctar Bouceif, a expliqué que celle-ci «va permettre aux enfants de réfugiés maliens de pouvoir bénéficier d'extraits d’actes de naissance conformément aux conventions internationales».


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Nabil Othman, représentant du HCR à Nouakchott, a abondé dans ce sens, en mettant en exergue «une mesure qui représente une avancée majeure» dans la protection des droits des réfugiés.

Le camp de M'Bera accueille actuellement  51.000 réfugiés maliens qui ont fui le conflit armé dans le septentrion malien en 2012.

Ces populations continuent à fuir le nord du Mali en raison de violences persistantes, malgré un accord de paix signé en 2015. Toutefois, souligne le HCR, «la réponse humanitaire aux besoins de cette population croissante est terriblement sous-financée».

Après le déclenchement de cette opération, on s’interroge sur le sort de 2.500 familles mauritaniennes de M'Bera, qui se sont enregistrées comme réfugiées maliens pour bénéficier de l’aide, et dont les demandes d’extraits d’état-civil ont été rejetées par le système biométrique national, remarque une source bien au fait de la question.


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Cet autre observateur proche de la mouvance nationaliste noire salue «l’initiative de donner une identité aux enfants de réfugiés maliens», tout en rappelant que «les réfugiés mauritaniens au Mali, chassés par les violences inter ethniques de 1989, n’ont jamais été officiellement reconnus en tant que tels».

Il déplore également «les problèmes d’accès à l’Etat civil auxquels sont confrontés les rapatriés du Sénégal, et au-delà la communauté noire».

Toutefois, au cours des derniers mois, les autorités mauritaniennes ont désigné une commission nationale chargée du règlement de toutes les questions liées à l’accès aux documents biométriques d’identification nationale, pour que les nationaux reconnaissables en tant que tels puissent en disposer, rappelle un cadre de l’Union pour la République, le principal parti de la majorité, originaire de la vallée du fleuve.   
 

Le 23/02/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya