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Gambie: le sauve-qui-peut avant l’intervention de la CEDEAO

Mise à jour le 12/01/2017 à 16h36 Publié le 12/01/2017 à 14h26 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Bac de rosso
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#Mauritanie : Plusieurs milliers de Gambiens, Sénégalais, Mauritaniens et d’autres nationalités quittent la Gambie à mesure que la date fatidique du 19 janvier approche, alors qu’on n'entrevoit aucune solution pacifique à la crise politique. Ils craignent les conséquences d'un éventuel embrasement du pays.

Par milliers, des étrangers et des Gambiens fuient le pays, incrusté au cœur du Sénégal, et plongé dans une crise poste électorale aux conséquences imprévisibles, suite au refus du président Yahya Jammeh de se plier au verdict des urnes au lendemain du scrutin présidentiel du 1er décembre 2016.

Plusieurs informations et signaux inquiétants attestent de cette tendance «au sauve-qui-peut» avant le déclenchement de l’intervention armée de la CEDEAO.

Ainsi, dans son édition du jeudi 12 décembre, le quotidien «l’AS», citant un élu, annonce «une arrivée massive de réfugiés gambiens» dans le sud du Sénégal, avec pour conséquences «des risques de pénurie alimentaire à Diouloulou», une localité de la région naturelle de Casamance.


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«Inquiet par l’arrivée de centaines de familles venues de la Gambie voisine, le maire de Diouloulou, Malang Thiam, lance un cri de détresse et saisit les autorités étatiques pour demander une aide.

Nous sommes submergés par l’afflux d’un grand nombre de Gambiens, qui, craignant un éventuel embrasement, ont fui leur pays pour trouver refuge dans notre commune.

Par conséquent, nous avons des difficultés pour les reloger. Les structures d’accueil mises en place sont pleines». Un constat en dépit du duquel «les populations gambiennes continuent à affluer en masse», ajoute l’édile de cette commune de la région naturelle de Casamance.


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Des échos et signaux similaires sont également émis du côté de Nouakchott, et ce malgré les assurances de l’ambassadeur de la Mauritanie en Gambie évoquant que «les Mauritaniens ne sont pas inquiétés».

Plusieurs médias mauritaniens évoquent la fuite des membres de la communauté mauritanienne. «Lundi dernier, c’est par vagues que le bac de Rosso débarquait des Mauritaniens venant de Gambie. Nos compatriotes ont préféré fermer boutique et quitter le navire gambien», lit-on dans cridem.org.

Grands voyageurs et très doués pour le commerce, les Mauritaniens sont très actifs dans le circuit de distribution des marchandises en détail et demi gros dans tout l’espace ouest africain. Ce qui explique leur présence par milliers en Gambie. Toutes les informations confirment donc que les Mauritaniens fuient en masse la Gambie où la situation est très précaire.


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A noter que l’évolution de la crise gambienne au cours des dernières heures est marquée par un message à la nation du président Yahya Jammeh.

Un discours  à travers lequel il demande aux Gambiens d’attendre le verdict de la cour suprême pour un dénouement de la crise électorale.

Cette juridiction, qualifiée de «fantôme» par de nombreux observateurs, a renvoyé au mois de mai prochain sa décision sur le recours du chef de l’Etat sortant.


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Par ailleurs, dans  le même message, le dictateur de Banjul a révélé la désignation d’un médiateur dans la crise et l’adoption prochaine d’une loi d’amnistie, invitant les Gambiens au pardon et l’apaisement des cœurs et des esprits.
Les observateurs restent très prudents dans la lecture du «langage et des propos d’un homme foncièrement imprévisible».

La CEDEAO, soutenue par la communauté internationale, campe sur l’investiture du président élu, Adama Barrow, le 19 janvier prochain. Cependant, l’organisation sous régionale maintient le fil de la négociation pour un départ pacifique du dictateur de Banjul. A défaut, Jammeh sera délogé par la force. Une situation qui explique le sauve-qui-peut.

Le 12/01/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya