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Mauritanie: tirs sur des pêcheurs sénégalais, le FONADH réclame la lumière

Mise à jour le 02/02/2018 à 09h50 Publié le 02/02/2018 à 09h47 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
pêche sénégal

#Mauritanie : Le Forum national des organisations de droits humains (FONADH) exige toute la lumière "sur les circonstances" dans lesquelles des gardes mauritaniens ont tiré sur une pirogue de pêcheurs sénégalais, tuant l'un d'eux.

Les tirs des gardes-côtes mauritaniens qui ont tué un pêcheur sénégalais le 27 janvier dernier, suivi du pillage des commerces mauritaniens à Saint-Louis le 29 janvier, continue à susciter une lame d’indignation à Nouakchott.

Le Forum national des organisations de droits humains (FONADH), un collectif d’une vingtaine d’associations, a également réagi, réclamant «une information claire, précise et crédible sur les circonstances» de la mort du jeune Sénégalais, dans une déclaration publiée jeudi. La déclaration rappelle que c’est le deuxième incident tragique de cette nature en l'espace dune année.

Le FONADH «condamne un usage excessif de la force, le pillage à Saint-Louis de commerces appartenant à des Mauritaniens par une foule incontrôlée et exige des gouvernements de Mauritanie et du Sénégal, de prendre toutes les mesures pour éviter la répétition de pareille situation».


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Elle revient sur le caractère «précaire» des relations entre les deux pays, rend les autorités des deux pays responsables et présente les condoléances du collectif à la famille de la victime.

Par ailleurs, le document note avec une vive inquiétude que ces tensions entre Dakar et Nouakchott offrent «à tous les prophètes de malheur l’occasion de prêcher la haine et d’envenimer des relations déjà tendues, entre des pays condamnés à vivre ensemble par l’histoire et la géographie, à vivre en parfaite harmonie dans le respect mutuel».


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La déclaration du FONADH revient également sur le souvenir douloureux des pogroms de la fin du mois d’avril 1989, qui ont fait plusieurs centaines de victimes de part et d’autre du fleuve, frontière naturelle entre les deux pays. Des massacres qui ont débouché sur une grave crise politique en Mauritanie, avec la déportation vers le Sénégal de plusieurs dizaines de milliers de noirs ressortissants des villages mauritaniens de la vallée du fleuve.

Rappelons que l’état-major général des armées de la Mauritanie a expliqué cette bavure par le refus des neufs occupants de la pirogue de pêcheurs venus de Saint-Louis d'obéir à l’injonction des gardes-côtes. En tentant de provoquer une collision avec le navire de guerre mauritanien, les pêcheurs ont obligé les forces mauritaniennes à tirer sur le moteur de la pirogue sénégalaise, tuant accidentellement un des pêcheurs.
                      
                                 
Le 02/02/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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