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Mauritanie: Ely Ould Mohamed nie toute responsabilité dans la violation des droits humains

Mise à jour le 06/05/2017 à 02h11 Publié le 31/03/2017 à 12h53 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Ely ould mohamed Vall

Ely ould Mohamed Vall, ex-président de la Mauritanie.

© Copyright : DR

#Mauritanie : Patron de la Sûreté nationale et chef de l’État pendant plus 20 ans, Ely Ould Vall nie pourtant toute responsabilité dans la violation des droits humains en Mauritanie. Des propos qui viennent attiser un vieux débat dans le pays.

Ely Ould Mohamed Vall, ancien chef de l’Etat sous la transition du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), directeur général de la Sûreté nationale-DGSN, pendant 19 ans sous le régime de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya (de 1984 à 2005), a nié toute responsabilité dans les faits constitutifs de violations des droits de l'homme commis en Mauritanie pendant les années de braises.

Invité le 29 mars au soir de la chaîne privée Al Mourabitounes pour l’émission «Vissamime», l’officier à la retraite, chef de l'Etat pendant la transition suite au putsch ayant mis fin au régime de Ould Taya et candidat malheureux à l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, a affirmé «ne pas avoir à demander pardon pour les violations des droits humains commises sous le règne de Maouya Ould Sid’Ahmed Taya. J’ai accompli ma mission en conformité avec l’intérêt du pays, sans plus».


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Par contre, l’ex-chef de l’Etat «assume entièrement le bilan de la transition militaire 2005-2007». Celle-ci a permis à la Mauritanie d’effectuer de nombreux progrès démocratiques, notamment par l’adoption de réformes inscrivant le principe de l’alternance démocratique dans la Loi fondamentale grâce à la limitation du nombre de mandats du président de la République, a-t-il expliqué.

Ainsi, l’ex-chef de l’Etat et patron des services spéciaux se donne-t-il le beau rôle. Reste que son nom figure dans la liste des présumés tortionnaires dressée par les ONGs nationales et internationales de défense des droits humains, qui réclament justice pour les victimes «du passif humanitaire» en Mauritanie.

Entre 1989 et 1992, cette période a été marquée par la déportation de populations noires de la vallée du fleuve, des expropriations et des exécutions extrajudiciaires de plusieurs centaines de militaires.


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Les propos de l’ancien chef de l’Etat renvoie au débat de fond sur la responsabilité politique qui peut avoir une dimension collective et solidairement assumée par les acteurs les plus en vue d’un régime, au parcours marqué par de graves violations des droits humains et la responsabilité pénale, strictement individuelle, qui n’a jamais été établie en Mauritanie faute d’une enquête sur ces graves faits de violation des droits de l'Homme.

Des crimes d’une extrême gravité qui tombent sous le coup de la loi pénale internationale et pour lesquelles des voix s’élèvent pour demander aux autorités de Nouakchott de traiter cette vieille plaie dans le cadre d’une justice préservant le devoir de vérité et de mémoire pour déboucher sur une véritable réconciliation nationale. Ce qui suppose l’abrogation de la loi d’amnistie de mai 1993.

Considéré comme un des opposants les plus farouches du pouvoir de Mohamed Ould Aziz, Ely Ould Mohamed Vall est pourtant un proche cousin de l’actuel président de la République. Les deux hommes sont issus du groupe tribal «Ewlad Bousbaa» à cheval sur le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal.    
 
 
  
 
Le 31/03/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya