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Mauritanie: retour agité pour Biram Ould Dah Ould Abeid

Mise à jour le 08/05/2017 à 16h17 Publié le 08/05/2017 à 16h05 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Biram Ould Dah

Biram Dah ould Abeid, président de l'IRA.

© Copyright : DR

#Mauritanie : Biram Ould Dah Ould Abeid, leader de l'Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-ONG anti-esclavagiste) est rentré dimanche après-midi en Mauritanie. Ayant préféré marquer son retour par le sud du pays, Il a été expulsé manu militari de la région du Guidimakha.

Biram Ould Dah Ould Abeid, leader de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (ONG anti-esclavagiste) est rentré en Mauritanie ce dimanche après un long périple à travers l'Afrique, l'Europe et les Etats-Unis.

Arrivé via la frontière terreste avec le Sénégal, Ould Abeid voulait marquer son retour au bercail par une tournée dans la région du Guidimakha, «bastion de la pratique de l’esclavage en milieu soninké», selon l’IRA. Il faut surtout parler de sequelles de l'héritage esclavagiste de cette communauté qui représente un important groupe ethnique dynamique dans cette région la plus au sud de la Mauritanie.


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Pour le mouvement, il s’agissait ainsi de marquer une nouvelle symbolique dans la lutte contre l'esclavage et ses sequelles dans cette région. 

Seulement, partis de la préfecture sénégalaise de Bakel, après avoir rallié la rive mauritanienne par Gouraye, un chef -ieu d’arrondissement situé à 45 kilomètres de Selibaby, ville se trouvant à plus de 600 km au sud-est... de Nouakchott, le leader antiesclavagiste s’est vu interdire l’accès à la capitale du Guidimakha par les autorités administratives régionales.

Pire, il a été escorté par la garde et la gendarmerie jusqu'à la frontière régionale entre le Guidimakha et le Gorgol. Par la suite, il s'est dirigé vers Kaédi, en passant par M’Bout à travers un itinéraire qui a pris les allures d’une véritable odyssée.

Le même traitement a été infligé, quelques jours auparavant, à d'autres membres de l'IRA venus préparer son retour en Mauritanie via cette région.

Aujourd'hui, le leader de l’IRA et ses compagnons se trouvent à Boghe (300 kilomètres au sud-est de Nouakchott).

Partout dans ces villes, les autorités sont formelles: «Pas de rassemblement au risque de provoquer des troubles à l’ordre public».


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Même la presse a été tenue loin des dirigeants de l'IRA. Ainsi, partis couvrir l’arrivée de Biram dans le Guidimakha, trois journalistes, Thiam Mamadou de l’hebdomadaire «Le Calame», Cheikh Aidara du quotidien «L'authentique», et Mehdi Ould Lemrabott, rédacteur en chef du site «El Mouchahid», ont été bloqués par la gendarmerie dans la localité de Taïchott (à une vingtaine de kilomètres de Selibaby). 

«Les pandores nous ont signifié que sur ordre du gouverneur, pour des raisons de sécurité, les non-ressortissants de la région ne peuvent accéder à la ville de Selibaby ce dimanche. Finalement, nous avons rebroussé chemin verts M’Bout, dans la région de Kaédi», explique l’un d’eux.

Après cet épisode, le mouvement abolitionniste a dénoncé «une collision d’intérêts entre le pouvoir et la féodalité esclavagiste de la région».

Cet incident montre que Biram Ould Dah Ould Abeid reste une véritable bête noire pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, qu’il n’arrête pas de vilipender à l’intérieur et hors des frontières nationales, note un observateur.

Candidat classé deuxième à l’issue de l’élection présidentielle mauritanienne du 21 juin 2014, boycottée par l’opposition historique, Biram Ould Dah Ould Abeid a été lauréat du prix des Nations Unies (ONU) pour les droits de l’homme et a reçu plusieurs autres distinctions internationales au cours des dernières années.
                        
Le 08/05/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya