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Mauritanie: Maître Mignard, un poids lourd du barreau français, pour défendre le sénateur Ghadda

Mise à jour le 16/08/2017 à 12h33 Publié le 16/08/2017 à 12h08 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Ghadda
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#Mauritanie : Maître Jean-Pierre Mignard, un poids lourd du barreau français, spécialiste du droit pénal, dont le nom fut associé à plusieurs dossiers célèbres dont celui des écoutes de l'Elysée, va défendre le sénateur Ghadda. Celui-ci, arrêté vendredi dernier, accuse le pouvoir d'avoir piraté son téléphone.

La famille de Mohamed Ould Ghadda, un élu de la Chambre haute du Parlement mauritanien qui sera supprimée à la faveur du référendum constitutionnel du 5 août dernier, a commis maître Jean-Pierre Mignard, un poids lourd du barreau français, pour renforcer le collectif chargé de la défense du sénateur, qui comprend déjà de célèbres noms d’avocats mauritaniens. 

Parmi les nationaux on retrouve notamment maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, qui fût pendant plusieurs années, bâtonnier de l’Ordre national des avocats (ONA).

Maître Jean-Pierre Mignard est un avocat inscrit au barreau de Paris depuis 1974. Docteur en droit pénal, il est également maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris et dirige "Lysias Partners", un cabinet d’avocats.


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Le nom de ce spécialiste du droit pénal de renommée internationale est lié au traitement de grosses affaires qui ont fait les choux gras des organes de presse en France et à travers le monde. Dans cette catégorie on peut citer notamment, l’attentat contre le DC d’UTA en septembre 1989, le naufrage du pétrolier Erika et surtout a tumultueuse histoire des écoutes de l’Elysée. Une sulfureuse affaire d’espionnage téléphonique illégale entre 1983 et 1986, qui a marqué le premier septennat de François Mitterrand.

Cette affaire n'est pas sans rappeler que le sénateur a fait l'objet d'une opération d'espionnage lors de sa première arrestation il y a quelques semaines. Son téléphone a été piraté, selon l'élu, par les sécuritaires mauritaniens. Certaines informations ont filtré par la suite au niveau de la presse mauritanienne faisant un lien entre le sénateur et l'homme d'affaires mauritanien exilé au Maroc, Mohamed Bouamatou.


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Par ailleurs, Mohamed Ould Ghadda est le principal animateur de la fronde contre la suppression du Sénat mauritanien dans le cadre du référendum initié par le président Mohamed Ould Abdel et à l’issue duquel on a enregistré une large victoire du «Oui» selon les résultats rejetés par les membres du Sénat et par l’opposition.

Ces derniers mois, Ghaddha assurait également la présidence d’une commission d’enquête du Sénat chargée de mener des investigations sur des marchés de gré à gré attribués à des personnalités présumées proches du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le sénateur, ou ex-sénateur, a été arrêté à son domicile de Nouakchott vendredi dernier et son lieu de détention reste inconnu de sa famille depuis cette date.

Au sein de l’opposition mauritanienne, des voix s’élèvent pour dénoncer «un cas de disparition forcée, d’une gravité pénale extrême».
Dans la législation pénale internationale, la disparition forcée est une infraction qualifiée de crime contre l’humanité.
    
Le 16/08/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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