Fermer

Mauritanie: RSF dénonce des actes d'intimidation contre les journalistes

Mise à jour le 31/08/2017 à 16h55 Publié le 31/08/2017 à 13h31 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
presse mauritanienne
© Copyright : DR

#Mauritanie : Reporters Sans Frontières (RSF), organisation de défense de la liberté de la presse à travers le monde, dénonce des actes «d'intimidation» envers les journalistes en Mauritanie. Cette sortie fait suite aux auditions de plusieurs acteurs des médias par la police.

Après la série d’interrogatoires d’acteurs issus du milieu de la presse intervenue la semaine dernière, Reporters sans frontières (RSF), organisation de défense de la liberté de la presse à travers le monde, dénonce des actes «d’intimidation» dans une déclaration rendue publique mercredi soir 30 août.

RSF déplore notamment une attitude des autorités de Nouakchott «visant à renforcer le contrôle sur la presse indépendante».
La déclaration regrette notamment les auditions de Babacar Baye NDiaye, rédacteur en chef du site «Cridem» et de sa directrice administrative, Rella Bâ, Moussa Samba Sy, directeur de publication du Quotidien de Nouakchott et Jedna Deida et le fondateur du site d’informations en ligne «Mauriweb».

Tous «interrogés par les hommes de la brigade des crimes économiques sur leurs liens financiers supposés avec l’opposant en exil Mohamed Ould Bouamatou».


LIRE AUSSI : Mauritanie: Bouamatou, l'homme d'affaires exilé au Maroc est la véritable cible de l'affaire Ghadda


Par ailleurs «un quatrième journaliste, Ahmed Ould Cheikh, directeur de publication du journal Le Calame -connu pour ses éditoriaux acerbes contre le gouvernement- était également recherché, mais il se trouvait en déplacement à l’étranger au moment où la police est venue l’interpeller».

Rentré à Nouakchott, Ould Cheikh a été finalement entendu mardi dernier, pendant 2 heures, par la police chargée de la répression des infractions à caractère économique.

«Nous condamnons ces méthodes d’intimidation à l’encontre des médias privés en Mauritanie –pays dans lequel il est impossible de critiquer l’action du gouvernement sans être classé comme opposant  politique. Or, le rôle d’un journaliste et d’informer. Ce qui revient à faire entendre une voix alternative», écrit RSF.


LIRE AUSSI : Mauritanie: poursuite de la ronde des auditions dans le dossier Ghadda


Cette ONG estime que «le plus grave» dans le traitement de cette affaire est le fait «de montrer du doigt des journalistes pour savoir qui a écrit tel ou tel autre article, ou quelles sont les sources de financements des journaux».

Ces hommes de médias ont été interpellés et auditionnés dans le cadre d’une enquête préliminaire pour «crimes transfrontaliers» visant l’ancien sénateur, Mohamed Ould Ghadda, principal animateur de la fronde contre la suppression du Sénat, devenue effective à la faveur du référendum organisé le 5 août dernier.

Mais la principale personnalité visée par les limiers de la police anti-corruption serait le banquier Mohamed Ould Bouamatou, réfugié au Maroc depuis plusieurs années, selon maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, ex-bâtonnier de l’Ordre national des avocats (ONA).

Par ailleurs, le document de RSF rappelle au passage une directive interdisant la publicité et les abonnements des institutions et entreprises publiques, auprès de la presse privée, comme une mesure visant à asphyxier cette dernière.

RSF revient également sur le cas d’un blogueur condamné à la peine capitale «pour blasphème, malgré sa rétractation et les excuses formelles».

Dans le classement mondial de RSF pour la liberté de la presse, la Mauritanie occupe la 55e place et la première dans le monde arabe.
       
   
Le 31/08/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya