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RÉTRO 2017. Terrorisme: les groupes jihadistes sahéliens s'unissent

Mise à jour le 25/12/2017 à 17h34 Publié le 25/12/2017 à 17h32 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Fusion

#Mauritanie : La fusion de 3 groupes terroristes du Sahel annoncée au mois de mars dernier, dans la foulée de l'accord de paix inter malien et la création du G5 Sahel, figure au rang des faits marquants de l'année 2017 sur le plan sécuritaire.

Réagissant à la signature de l’Accord de paix au Mali et à la création du G5 Sahel visant à combattre le terrorisme transfrontalier, Ansar Eddine d’Iyad Ag Ghaly, Al Mourabitoune de Mokhtar Bel Mokhtar et un groupuscule dissident issu d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), drigé par Yahya Abu Al-Hammam, ont fusionné en mars 2017 pour donner naissance à une nouvelle entité terroriste qui a pris le nom de «Nusrat al Islam wal Mouslimine- "Groupe de défense de l’Islam et des musulmans".

Cette nouvelle coalition jihadiste, placée sous la direction du chef rebelle touareg Iyag Ag Ghali, a rapidement dressé une liste de 11 pays ennemis, et donc cibles potentielles de ses attaques: Tchad, Niger, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Sénégal, Etats-Unis, France, Allemagne, Suède et Pays-Bas.


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Mais au-delà du contexte intérieur malien, les  analystes perçoivent également, à travers cette évolution, une nouvelle stratégie découlant de la volonté de faire face à un fort probable redéploiement de l’Etat Islamique (EI) dont les troupes sont en déroute en Syrie, en Irak et en Libye. Il s'agirait aussi d'un souci d’anticipation par rapport au projet de création d’une force conjointe du G5 Sahel, une organisation regroupant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Ce nouveau pacte jihadiste semble avoir eu pour effet une accélération et une recrudescence des attentats terroristes au Sahel, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, selon de nombreux observateurs.

La  nouvelle connexion des réseaux terroristes a constitué l’un des faits saillants de l’année sécuritaire 2017 dans un espace sahélien de plus trouble.


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Observateur de la situation sécuritaire au Sahel et de l’évolution des groupuscules islamistes, le journaliste mauritanien, Isselmou Ould Salihi, expliquait à «le360 Afrique», à travers des propos recueillis début mars dans un article sous le titre «Mauritanie: la fusion des groupes  terroristes vue de Nouakchott», «la ferme volonté de ces entités de marquer leur territoire -le Sahel- face à l’hégémonie de Daech, contester son leadership à travers des actions et attaques terroristes violentes et spectaculaires».

Pour sa part, Moussa Ould Hamed, ancien directeur général de l’Agence mauritanienne d’information (AMI), un organe du gouvernement, ajoutait: «Les groupuscules djihadistes prennent ainsi une longueur d’avance sur les Etats, notamment le G5 Sahel, dont  la coordination des actions militaires et sécuritaires reste encore au niveau des bonnes intentions. Cette annonce laisse aussi croire que les différents groupes conservent une réelle faculté de déplacement et une capacité de nuisance certaine, malgré les coups portés par l’opération Serval, devenue Barkhane depuis quelques années».
   
Le 25/12/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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