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Mauritanie: journée de solidarité avec le détenu Mohamed Ould Ghadda

Mise à jour le 08/01/2018 à 13h13 Publié le 08/01/2018 à 13h13 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Ghadda

Mohamed Ould Ghadda.

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#Mauritanie : Le Comité de solidarité avec les détenus d'opinion en Mauritanie a organisé, ce dimanche, une Journée de solidarité avec l'ancien sénateur Mohamed Ould Ghadda, pour marquer les 150 jours de détention du leader de la fronde du sénat contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le Comité de solidarité avec l’ancien sénateur Mohamed Ould Ghadda, composé des dirigeants de l’opposition, acteurs de la société civile et personnalités indépendantes, a organisé le dimanche 07 janvier une journée de solidarité avec l'ex-sénateur détenu à titre préventif, pour marquer les 150 jours (5 mois) de son arrestation.

Cette manifestation s’est déroulée au domicile de l’ex-élu, situé dans la proche banlieue de Nouakchott, en présence de Mohamed Ould Maouloud, président en exercice du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), par ailleurs président de l’Union des forces de progrès (UFP), de plusieurs dizaines de responsables de la mouvance et membres de la société civile, et d’une centaine de partisans de Mohamed Ould Ghadda.

Au cours de la rencontre, maître Mohamed Mahmoud Ould Lematt, vice-président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), a dénoncé «le caractère arbitraire de l’arrestation de Mohamed Ould Ghadda, déploré la déliquescence de l’Etat de droit, des libertés et appelé tous les Mauritaniens à s’approprier le combat du détenu».


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Pour sa part, maître Lô Gourmo Abdoul, membre du collectif des avocats de la défense de l’ancien sénateur et vice-président de l’Union des forces de progrès (UFP), a stigmatisé le cas «de la Mauritanie, seul de la sous-région dans lequel on dénombre encore des prisonniers politiques sur le modèle des années 1960/1970. Au même moment, la presse audiovisuelle privée (notamment les télévisions) a disparu, la presse papier a cessé de paraître depuis plusieurs semaines. L’affaire Mohamed Ould Ghadda apparaît ainsi comme la partie visible de la chape de plomb qu’un régime de dictature installe progressivement sur le pays».

A l’origine de cette arrestation, un vote à travers lequel le sénat, ancienne chambre haute du parlement mauritanien, a rejeté un projet de révision constitutionnelle, comportant entre autre point, sa propre suppression, le 17 mars dernier.

Cette réforme a été adoptée à travers l’organisation d’un référendum sur la base d’un article 38 de la Constitution contesté par l’opposition, qui refuse de reconnaître les résultats.


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Les autorités mauritaniennes accusent le banquier Mohamed Ould Bouamatou, vivant entre le Maroc et l’Europe depuis plusieurs années, d’avoir «acheté» le vote négatif des sénateurs.

En plus de Mohamed Ould Ghadda, 11 autres anciens membres du sénat, des hommes de médias et dirigeants syndicaux, sont poursuivis dans le cadre de l’instruction relative à ce dossier et laissés en liberté sous contrôle judiciaire.

Les dernières nouvelles relatives à cette affaire renvoient à deux ordonnances. A travers la première décision, la Cour suprême rejette un pourvoi du parquet sollicitant le placement en détention préventive des personnalités actuellement sous contrôle judiciaire. La deuxième ordonnance porte sur un rejet du pourvoi du collectif des avocats de la défense sollicitant l’annulation des poursuites contre «les sénateurs, protégés par l’article 50 de la Constitution» dans le cadre de leur vote.

           
                          
Le 08/01/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya