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Mauritanie: un mémorandum pour la reconnaissance de la composante Haratine

Mise à jour le 02/02/2017 à 14h06 Publié le 02/02/2017 à 13h40 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
Manifeste des Haratines

Quelques dirigeants de la mouvance Haratine de Mauritanie.

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#Mauritanie : Les Haratines mauritaniens adressent un mémorandum intitulé «SOS Haratines de Mauritanie» aux Etats-Unis et à l’Union européenne. Cette composante essentielle de la population mauritanienne y étale les injustices et la persistance de pratiques esclavagistes dont elle est victime.

Un mémorandum intitulé «SOS Haratines de Mauritanie» adressé aux Etats-Unis et à l’Union Européenne (UE), retrace «le calvaire historique» de cette composante de la population, et exige «la reconnaissance constitutionnelle» de son existence, en vue de fonder un nouveau contrat social dans le pays. Ce document fleuve expose «la problématique» des Haratines en Mauritanie et alerte à propos d'hommes et de femmes «qui ont subi le calvaire, des injustices historiques sévères, vivant dans un pays qui reste l’un des derniers bastions de l’esclavage dans ce monde libre».


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Décrivant «la situation actuelle» de cette frange de la population mauritanienne, le mémorandum présente des hommes qui «restent confinés dans des conditions inhumaines et avilissantes, terrifiantes, condamnés par un système chauvin à subir éternellement la misère, la précarité et la pauvreté extrême, dans l’objectif de les maintenir dans le besoin et la dépendance vis-à-vis de leurs maîtres, lesquels contrôlent sans partage l’ensemble des institutions de l’état: le gouvernement, le parlement, l’administration, l’armée, les banques….».


Sur un plan statistique, le document signale qu’en matière d’emploi «les Haratines sont discriminés, sauf pour les travaux avilissants ou dégradants en dehors des quelques rares postes de responsabilités, qui dans les meilleurs des cas, n’excèdent pas 1% du contingent national».

Pauvreté, précarité totale, absence d’accès aux services de base, isolement sont les termes qui décrivent le quotidien de cette frange de mauritanienne.


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Pour changer la donne, la revendication porte aujourd’hui sur «une protection contre toute politique ségrégationniste et chauviniste, ainsi que contre l’exclusion, une reconnaissance constitutionnelle de la composante Haratine, un partage équitable du pouvoir et des richesses, une levée des freins et des restrictions opposés à la promotion aux grades supérieurs des officiers Haratines de l’armée, de la police et des autres corps, et, enfin, des émissions spéciales dans les médias pour promouvoir la particularité et la culture Haratine».

La gestion de la question «Haratine», majoritairement anciens esclaves, parlant le Hassanya au même titre que les Maures à la peau claire, reste très complexe en Mauritanie.

Avec l’appui des Nations unies (ONU), le  gouvernement met actuellement en œuvre une feuille de route de 29 points, visant à éradiquer l’esclavage et ses séquelles. Mais les ONG considèrent que cette démarche n’est que «de la poudre aux yeux de la communauté internationale» et signalent la poursuite des «pratiques d’asservissement et d’exclusion».
Le 02/02/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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