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Mauritanie: arrestation pour "fétichisme" d'un candidat de l'opposition aux législatives sénégalaises

Mise à jour le 28/05/2017 à 13h18 Publié le 28/05/2017 à 13h02 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
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#Mauritanie : Boubacar Thiam, prétendant candidat sénégalais à la députation sous les couleurs de la coalition de l'opposition "Mankoo" a été arrêté à Nouakchott et placé en garde à vue à la brigade mixte de gendarmerie. Il est accusé de fétichisme et de fraude présumée sur sa nationalité.

Boubacar Thiam, un individu qui se présente comme membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), prétendant à l’investiture de la coalition «Mankoo» (opposition sénégalaise), pour les législatives sénégalaise de juillet prochain au niveau de la région Afrique du Nord, a été arrêté à Nouakchott cette semaine, pour présomption de pratiques fétichistes.

Il aurait été alpagué par la police en patrouille sur la plage de Nouakchott en compagnie d’une femme nommée Sarrata Diatta, en train de creuser un trou dans le but d’enfouir des fétiches.

Les deux individus s’apprêtaient à enterrer «un chien et une chèvre, avec des écritures tirées du Coran accompagnées de l’inscription des noms du président Macky Sall, d’Omar Sarr (coordonnateur du PDS) et un certain Aly Nar ND’iaye», selon les premiers éléments de l’enquête préliminaire.

A l’ouverture de l’interrogatoire, la dame accompagnant le prétendant à la députation s’est présentée comme l’épouse d’un gendarme mauritanien, mais elle a été dans l’incapacité de présenter la moindre pièce d’identité.


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Toutefois, la perspective de l’implication d’un gendarme dans l’affaire a poussé le procureur de la République près le tribunal de Nouakchott ouest, à ordonner aux limiers de transmettre la procédure d’enquête aux pandores.

Depuis, Thiam et sa «compagne» d’infortune sont placés en garde à vue à la brigade mixte de gendarmerie de Nouakchott. Le mari gendarme de la dame devrait être entendu, alors que les marabouts, charlatans, ou féticheurs du prétendant candidat à la législature sénégalaise font l’objet de recherches actives.

Par ailleurs, dans  les milieux sénégalais de Nouakchott, la version de l’appartenance de Thiam au PDS, l’ancien parti au pouvoir, fait l’objet de contestations.

Ibou Badiane, qui se présente «comme un PDS authentique», également candidat à l’investiture des députés de la diaspora pour la région Afrique du Nord, toujours sous les couleurs de la coalition «Mankoo», aux côtés d’un certain Abdoul Aziz, qui serait un important dignitaire mouride résidant en Mauritanie, précise que l’homme en état d’arrestation est plutôt «un karimiste» c’est-à-dire issu d’un mouvement de soutien à Karim Wade, le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade.


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Plus grave, le cas de Boubacar Thiam pourrait également se compliquer dans la mesure où il prétend de manière «illégale» posséder la double nationalité mauritanienne et sénégalaise. En effet, cet individu serait un Sénégalais «de fraîche date» et n'aurait jamais figuré sur les listes électorales du pays de la Teranga, soutiennent certains.

Avec un contingent de 25.000 électeurs, la Mauritanie pèse dans le choix du futur député de la diaspora pour la région Afrique du Nord, dans le cadre des prochaines élections législatives au Sénégal.

Enfin, il faut rappeler que le «fétichisme» est une infraction grave qui tombe sous le coup de la législation mauritanienne. Cependant, les cas de jurisprudence relatifs à des poursuites pour de tels faits sont plutôt rares, notent les observateurs.

En Afrique, continent des croyances plus ou moins rationnelles, la formule apparaît ici comme un doux euphémisme, l’approche des batailles électorales donne toujours lieu à des activités souterraines des candidats dont l’exposition au grand jour donnerait l’image d’une véritable foire au charlatanisme.

Enfin, en ce qui concerne la double nationalité, elle n’est pratiquement pas reconnue en Mauritanie, dans la mesure où la loi conditionne sa détention à une autorisation du président de la République.
                  
      
 
  
Le 28/05/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya