Fermer

Interconnexion électrique: le Sénégal devient fournisseur du Mali et vise la sous-région

Mise à jour le 10/01/2017 à 17h14 Publié le 10/01/2017 à 17h06 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Economie
Makhtar Cissé et Dramane Coulibaly, respectivement DG de la Senelec et d'Electricité du Mali

Makhtar Cissé et Dramane Coulibaly, respectivement DG de la Senelec et d'Electricité du Mali, lors de la signature de la convention de fourniture d'électricité

© Copyright : DR

#Sénégal : Comme annoncé à lors de l’inauguration de la centrale solaire de Malicounda, le Sénégal commence à exporter de l’électricité vers la sous-région. Le Mali devient le premier client pour l'exportation grâce à une puissance fournie de 20 mégawatts.


Après la mise en place d'une ligne d'interconnexion avec la Mauritanie, le Sénégal se tourne vers le Mali, cette fois non pas pour acheter mais pour vendre. Depuis hier, des foyers maliens et certaines unités industrielles situées quelque part à Bamako ou Kayes peuvent être alimentés en électricité grâce à une centrale située à Dakar, Mbour ou Malicounda par exemple. C’est ce que permet désormais la convention qui vient d’être signée entre la Société nationale d’électricité (Senelec) et Electricité du Mali (EDM).

L'opération de vente d'électricité au Mali est facilitée par l'existence préalable d'une interconnexion entre les deux pays grâce aux installations du Barrage de Manantali situé au Mali et fournissant  aussi le Sénégal et la Mauritanie. Techniquement, le reste ne tient qu'à une inversion des flux électriques et la signature du contrat de vente. 


LIRE AUSSI: 
Sénégal-Mauritanie: lancement d’une ligne d’interconnexion électrique de 225 KV


Visiblement, cela vient d'être fait. Il s’agit de la fourniture d’électricité pour un flux équivalent à 20 mégawatts. L’accord a ainsi été paraphé à la direction générale de la Senelec, hier lundi 9 janvier, par les patrons des deux sociétés nationales en charge du secteur, à savoir le Sénégalais Mouhamadou Makhtar Cissé et le Malien Dramane Coulibaly. Cette convention fait du Mali le premier client du Sénégal. se positionne ainsi en fournisseur d’énergie dans la sous-région ouest-africaine grâce à ses nouvelles installations. 

Senergy 2, d’une puissance de 20 mégawatts avec ses 75.000 panneaux photovoltaïques, a été inaugurée le 22 octobre 2016 à Bokhol. Une autre station, d’une capacité annuelle de 22 mégawatts avec ses 86.000 panneaux solaires, a été installée à Malikounda.

Saisissant l’occasion, Dramane Coulibaly, le DG d’EDM, a noté que «cette convention est très importante et symbolique pour les deux pays. En dehors de cette fourniture d’énergie, c’est une coopération sous-régionale que nous souhaitons mettre en place. Le Sénégal a toujours répondu présent quand le Mali a fait la demande. Et quand le Mali traversait des moments difficiles, le Sénégal a accepté de mettre ses installations à notre disposition pour nous permettre de transporter de l’énergie jusqu’au Mali».


LIRE AUSSI: 
Sénégal: après le black-out d’hier, la Senelec ouvre une enquête

Pour sa part, Mouhamadou Mokhtar Cissé, le DG de la Senelec, a exprmé sa satisfaction quant à ce partenariat. Ce dernier est symbolique certes, mais il montre les liens étroits qui lient le Sénégal au Mali, estime-t-il. «Le Sénégal offre une connexion d’une puissance de 20 mégawatts pour permettre aux populations maliennes de dépasser cette période de déficit», a-t-il précisé.

Le Sénégal dispose d’énergie électrique en quantité suffisante pour alimenter le territoire national, rassure-t-il. L’objectif est de passer d’un statut d’acheteur à celui vendeur. "Nous nous positionnons ainsi sur le marché malien en matière d’énergie», a-t-il poursuivi.

Comptant sur les découvertes de pétrole et de gaz non encore exploitées, le Sénégal projette de se positionner sur le marché africain. «Le Mali est notre premier client, et nous espérons aller au-delà de ces 20 mégawatts en fonction de la disponibilité que nous aurons. Nous bâtissons ainsi l’avenir de l’énergie», conclut le patron de la Senelec.


Le 10/01/2017 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé