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Vidéo. Sénégal: au pays de Senghor, on massacre la langue de Molière

Mise à jour le 08/11/2016 à 14h34 Publié le 08/11/2016 à 14h32 Par Kofi Gabriel

#Culture
élève sénégalais
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#Sénégal : Léopold Sédar Senghor, le poète-président sénégalais, doit se retourner dans sa tombe. Au pays du premier immortel africain de l’Académie française, la baisse du niveau des élèves est criante. En atteste cette vidéo tournée dans un collège de Dakar. Hilarante certes, mais surtout inquiétante.

Partout dans le monde, la baisse du niveau des élèves est un phénomène constaté. Mais au pays de Léopold Sédar Senghor, homme de lettres, poète et premier immortel africain de l’Académie française, c'était un sacrilège d'y faire certaines fautes de styles. Pataquès (ex: quatre-z-enfants) , pléonasmes (ex: monter en haut) et autres répétitions y étaient considérés comme un péché.

Mais cela, c'était avant. Car, la situation est devenue inquiétante et la relève des grands écrivains et poètes sénégalais est loin d’être assurée. Des élèves de la seconde ne savent conjuguer ni le verbe être au passé composé, ni pleuvoir ou falloir au présent, etc. 


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Cette vidéo tournée dans un lycée donne une idée de l’ampleur des carences des élèves en conjugaison. Faut-il en rire ou en pleurer? En tout cas, il urge pour les autorités sénégalaises de rivisiter de fond en comble le système éducatif afin de mieux honorer la mémoire du grand homme de lettres que fut Senghor.

Plusieurs causes expliquent cette baisse généralisée du niveau. D'abord, il y a la réforme introduite dans les années 2000 pour réduire le caractère trop élitiste de l'école sénégalaise. L'Education nationale a supprimé les redoublements avec le projet zéro redoublement (PZR). Chaque année, tous les élèves doivent obligatoirement passer en classe supérieure, quel que soit leur niveau.

Bien avant cela, dans les années 1990, un ministre de l'Education nationale, Iba Der Thiam, a eu la bonne idée d'introduire les classes à double-flux. C'est-à-dire qu'une partie des élèves part en classe uniquement le matin pour laisser la place à l'autre moitié qui fait cours l'après-midi. Cela a permis d'augmenter statistiquement le taux de scolarisation, cependant là également, le niveau en a beaucoup souffert. 

Cette vidéo se passe de commentaire:





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Le 08/11/2016 Par Kofi Gabriel