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Sénégal: négociation des concessions des gisements de fer sur fond de tension

Mise à jour le 09/11/2018 à 10h52 Publié le 09/11/2018 à 10h46 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Economie
Le président Macky Sall

Le président Macky Sall.

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#Sénégal : L’opposition sénégalaise récuse toute signature de contrat de concession des gisements de fer de la Falémé à moins de 4 mois des élections. Le président Macky Sall, qui a pourtant suspendu la convention, a émis, avant-hier, une nouvelle déclaration polémique.


Macky Sall continue de narguer l’opposition à propos de la signature d’un contrat avec le groupe turc Tosyali pour l’exploitation des gisements de fer de la Falémé. Mais l’opposition ne lâche pas prise et somme le Chef de l’Etat de surseoir à sa décision de signer ce contrat, qui porte sur des ressources évaluées à plus de 50 milliards de dollars, et ce, à moins de 4 mois de la prochaine présidentielle qui a lieu en février 2019.

«La pollution sonore de l’opposition ne dépasse pas le Monument de la Renaissance. Elle ne peut pas manipuler les Sénégalais. Cette opposition est unique dans l’histoire et même dans le monde», a ironisé Macky Sall à l’occasion de la réunion du secrétariat exécutif national de l’Alliance pour république (Apr), son parti. Il est même allé plus loin dans son sarcasme et a accusé les leaders de l’opposition d’avoir fait perdre beaucoup d’argent au Sénégal quand ils étaient aux commandes.


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«Les meneurs de cette opposition sont les mêmes qui ont fait perdre au Sénégal 100 milliards de francs Cfa dans le dossier Arcelor Mittal». «Des millions de dollars ont été engloutis dans des études et je ne parle pas du reste», a-t-il ajouté.

L’opposition persiste et signe


Le Sénégal ne gagnerait pas à signer un mémorandum d’entente avec le Group turc Tosyali, pour l’exploitation des mines de fer de la Falémé. C’est du moins l’avis de Mamadou Lamine Diallo. Selon lui, «les mines de fer de la Falémé valent plus 50 milliards de dollars».

Ce député de l’opposition, qui accuse le gouvernement de vouloir, comme c’était le cas dans le cas de contrats pétrolier signé avec Total, continuer à brader toutes les ressources naturelles du Sénégal, est aussi ingénieur des Mines  «Sur les chiffres, je maintiens que le business du fer de Kédougou dépasse 50 milliards de dollars et que le Sénégal n’a aucun intérêt à signer un memorandum of understanding (Mou) (mémorandum d’entente) avec Tosyali», a dit Mamadou Lamine Diallo. Selon lui, « ce mémorandum mal rédigé ne peut avoir une valeur juridique».

A l’instar de l’ex-ministre de l’Energie, démissionnaire, Thierno Alassane Sall, Mamadou Lamine Diallo a lui aussi qualifié le président Macky Sall de «géologue inexpérimenté qui préfère mettre les ressources naturelles du Sénégal entre les mains d’étrangers».


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Revenant sur le code minier sénégalais, le leader du mouvement Tékki déclare que celui-ci est «en contradiction avec la Constitution qui, depuis des années, dit que les ressources naturelles, donc minières, appartiennent au peuple. Macky Sall n’a donc pas le droit de décider seul dans cette affaire». 

En ce qui concerne les réserves de gaz naturel qui se trouvent à Saint-Louis, et qui ont été octroyées à la société Petro Tim de Franck Timis en juin 2010, Mamadou Lamine Diallo soutient que «Aly Ngouille Ndiaye (actuel ministre de l'Intérieur, ancien ministre de l'Energie et des mines, ndlr) a violé la loi sur le Code pétrolier. C’est cela le débat, et le peuple doit en tirer toutes les conséquences parce qu’il n’y a pas de transparence dans la gouvernance des ressources minières de ce pays», dénonce-t-il.

«Le Gouvernement de Macky Sall a fait perdre au Sénégal plus de 600 milliards de francs Cfa dans cette affaire du gaz de Saint-Louis», a-t-il conclu.

Le président sénégalais va-t-il encore faire perdre de l'argent à l'Etat, comme l'accusent les députés de l'opposition? Ou va-t-il décider de ne pas se précipiter, comme le lui recommande cette même opposition? A quatre mois de la présidentielle, le délai paraît en effet bien court pour engager le pays dans des décisions stratégiques sur le long terme... 

Le 09/11/2018 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé