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Sénégal. Nouveau code de la presse: entre avancées et risque de musellement

Mise à jour le 10/10/2019 à 16h26 Publié le 10/10/2019 à 16h24 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Médias
La liberté de la presse est elle menacée au Sénégal ?

La liberté de la presse est elle menacée au Sénégal ?

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#Sénégal : Le ministre sénégalais de la Culture et de la communication, Abdoulaye Diop, a rencontré lundi dernier les acteurs de la presse. Occasion pour eux d’échanger sur le cadre juridique de la presse en ligne, de la carte nationale de presse et des financements des médias.


Le métier de la presse est la profession la plus envahie au Sénégal. Dans ce pays, n’importe qui peut se lever du jour au lendemain, après un chômage de plusieurs années, et se proclamer journaliste en créant son site d’information en ligne. Dans ce petit pays, il est répertorié plus de 150 sites d’informations avec, au quotidien, les mêmes textes dans les colonnes de tous ces sites, les mêmes fautes et aucune signature. Pire encore, les sources ne sont jamais citées.

C’est pour mettre fin à ce désordre qu’un nouveau code la presse a été rédigé et proposé par les acteurs des médias sous la supervision de l’autorité publique. Ce code, voté en 2017, tarde à être fonctionnel 2 ans après sa confection.


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Aujourd’hui, la presse invite le président de la République à signer le décret d’application de ce nouveau code de la presse. Le ministre de la Communication, qui a rencontré lundi les acteurs de la presse en ligne, a assuré que très prochainement, l’identification des journalistes va se faire avec la délivrance des cartes nationales de presse, conçues par une entreprise de droit sénégalais, sous le contrôle du ministère de la Culture et de la communication.

Abdoulaye Diop, qui a décidé d’assainir le sous-secteur de la presse en ligne, a présenté quelques spécimens de cette nouvelle carte de presse. Le ministère informe en tout cas que l’arrêté est déjà signé et la commission de délivrance va se réunir bientôt. En outre, Abdoulaye Diop informe que le Fonds d’appui à la presse va remplacer la subvention communément appelée aide à la presse.


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Seulement ce nouveau code de la presse, qui semble garantir la liberté d’expression aux journalistes en dépénalisant les délits de presse, compte quelques pièges qui risquent de limiter cet acquis. En effet, dans son article 18, il est précisé que «le journaliste et le technicien des médias doivent respecter la dignité humaine, éviter toute allusion par le texte, l’image et le son à l’orientation sexuelle d’une personne». Cette partie soigneusement glissée dans le texte adopté à l’Assemblée nationale est vue comme une mise en garde contre les journalistes qui usent souvent de beaucoup de liberté pour dénoncer les actes contre nature.
Le 10/10/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé