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Sénégal: 23 leaders de l'opposition accusent le Conseil constitutionnel de "mascarade"

Mise à jour le 02/01/2019 à 14h57 Publié le 02/01/2019 à 12h59 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
opposition sénégalaise
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#Sénégal : 23 candidats à la présidentielle, prévue le 24 février prochain, ont dénoncé de concert le processus "opaque" de vérification des parrainages utilisé par le Conseil Constitutionnel, selon eux pour éliminer l'opposition. Ils comptent mettre la pression sur cette institution et sur le gouvernement.

C’est là un véritable «coup de force» que tente de perpétrer Macky Sall, président sortant et candidat à sa propre succession, à l'élection présidentielle qui aura lieu le 24 février prochain au Sénégal. C’est du moins ce que soutiennent les 23 candidats issus de l’opposition, qui ont signé, ce mardi 1er janvier, une lettre commune pour contester l’élimination de la plupart d’entre eux sur la base de l’utilisation d’une application informatique, jugée "opaque".

Officiellement, c'est ce mercredi 2 janvier que les candidats à la candidature seront informés par le Conseil Constitutionnel des motifs de rejet de la liste des parrainages.

Ils avaient tous déposé, selon les modalités de cette nouvelle mesure, entre 53.000 et 68.000 signatures de personnes inscrites dans les listes électorales, qui soutiennent leur candidature. Selon cette loi, ce sera au premier venu à qui reviendra l'honneur d'être le premier servi, puisqu'un électeur ne peut parrainer qu'un seul candidat à la fois, et que les mêmes signatures se retrouvent sur les listes de parrainage de deux, voire trois candidats, les choix défnitifs pour un seul candidat avant l'étape de l'isoloir n'ayant pas toujours été faits... 


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D'après les premiers échos, il y aurait en effet, sur ces listes de parrainages, de nombreux doublons. De plus, chacun des candidats est supposé déposer sept listes de 2000 électeurs provenant respectivement des sept régions différentes du Sénégal. Et là aussi, le Conseil constitutionnel aurait trouvé plusieurs motifs de rejet de certaines candidatures. 

Les premières indiscrétions font état de 5 à 7 candidats dont les listes de parrainage aurait été validées, devant 27 dépôts de dossiers de candidature. 

L'opposition est donc très ferme: il s'agit là, pour ses membres, ni plus ni moins que d'un «coup de force du candidat sortant Macky Sall consistant à éliminer des candidats à l’élection présidentielle, avec la complicité d’un Conseil constitutionnel s’appuyant sur une application informatique dont aucune partie n’a pris connaissance et d’un fichier électoral dont l’authenticité est plus que douteuse et dont l’accès est  illégalement interdit aux partis autres que celui du candidat sortant».


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Ousmane Sonko du Pastef, Idrissa Seck, leader du parti Rewmi, Karim Wade, candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais (PDS) et leurs camarades leaders de l’opposition exigent donc, d'une même voix, le retrait immédiat des mesures d’élimination des candidats. Ils réclament également la validation des candidatures de tous les chefs de partis et des citoyens sans appartenance politique, qui ont déposé leur caution et leur dossier. Ils demandent également que ne soient pas pris en considération les récents changements apportés dans la Constitution ainsi que dans la loi électorale.

Ces leaders de l’opposition fustigent également l’organisation de la prochaine présidentielle par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, et demandent la mise en place d’une autorité indépendante en charge d’un scrutin de février prochain. Dailleurs, un collège d’avocats doit être constitué pour défendre les intérêts des candidats recalés par le Conseil Constitutionnel.

Quoi qu'il en soit, les candidats de l'opposition promettent d'intensifier leur combat contre Macky Sall, lui-même candidat à sa succession, pour le rétablissement d'un système voulu plus impartial dans un pays qui est sans doute l'une des plus anciennes démocraties du monde moderne. Une conférence de presse est d'ores et déjà programmée. 




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Le 02/01/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé