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Sénégal: l’Exécutif accusé d'être responsable de la dégradation du dialogue politique

Mise à jour le 19/01/2019 à 10h14 Publié le 19/01/2019 à 10h00 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
Alioune Tine

Alioune Tine

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#Sénégal : La loi sur le parrainage, les cartes d’électeurs modifiées et l’inaccessibilité du fichier électoral à l’ensemble des candidats ont accentué la tension entre le pouvoir et l’opposition au Sénégal. La Société civile pointe du doigt l’Etat dans une situation pré-électorale sans précédent dans le pays.


Dans un communiqué parvenu à la presse, ce mercredi 16 janvier 2019, les organisations de la société civile sénégalaise (OSCS) fustige les maladresses commises par le régime du président Macky Sall qui ont conduit aux tensions politiques à moins de 45 jours des élections présidentielles.

Selon elles, «la loi sur le parrainage, votée dans un contexte de tension, et qui ne fut point le fruit d’un consensus a montré dans sa mise en œuvre, toutes ses difficultés d’application et de vérification qui ont entraîné l’exclusion, dans des conditions opaques, de plusieurs candidats à la candidature à l’élection présidentielle».


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Il faut reconnaitre que, depuis son adoption, le 19 avril 2018,  par la majorité à l'Assemblée nationale, le projet de loi sur le parrainage a suscité de vivent contestations dans les rangs de l’opposition sénégalaise. Tous les recours introduits par cette dernière auprès du Conseil constitutionnel pour son annulation sont restés sans succès.

A cela, s’ajoute le fait que le fichier électoral ne soit pas accessible à tous. « Le fichier électoral, qui est un bien public et doit être en principe à la disposition de toutes les parties prenantes, est resté inaccessible. Il en est de même de la carte électorale modifiée sans concertation avec les acteurs et qui va entraîner la réédition d’un nombre important de cartes d’électeur et peut-être l’impossibilité de voter pour beaucoup de citoyens » ont aussi regretté les organisations membres de la société civile.


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Il convient de rappeler que le jeudi 22 novembre dernier, le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye avait laissé entendre qu’il allait permettre aux mandataires des candidats à la présidentielle d’accéder au fichier électorale. Mais arrivés dans les locaux du ministère, les leaders de l’opposition ont eu la mauvaise surprise, selon Omar Sarr, secrétaire exécutif du Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade, de voir le «mauvais fichier électoral». Lui et les autres membres de l’opposition ont alors boudé la consultation.

Et comme si cela ne suffisait pas, «le ministre en charge des élections qui a affiché de manière ostentatoire son affiliation à un parti politique au mépris de tous les principes de la gestion d’un processus électoral», a ajouté la société civile sénégalaise.
Et pour couronner le tout, «les Candidatures Khalifa Sall (ex-maire de Dakar révoqué par Macky Sall), de Karim Wade (Candidat du PDS) et de El Hadj Malick Gakou ont été rejetées par Conseil constitutionnel dans des conditions très contestables».

Tous ces manquements «risquent de constituer des causes potentielles d'une instabilité durable au Sénégal», ont conclu les organisations de la société civile sénégalaise.

Et pour éviter une telle situation, elles ont demandé à l’Etat du Sénégal de donner «tous les gages nécessaires permettant de rassurer les acteurs impliqués dans la compétition politique».

Le 19/01/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé