Cameroun: comment les enseignants font-ils face aux violences en milieu scolaire?

Une école de Yaoundé, Cameroun.
Le 11/02/2024 à 13h58

VidéoLe milieu éducatif camerounais fait actuellement face à de multiples actes de violences. Pas une semaine ne passe sans que la presse ne fasse écho d’un cas d’agression physique d’un élève sur son enseignant. Des cas de violences qui entrainent parfois des blessures graves, voire la mort.

Le dernier cas de violence perpétrée dans un établissement scolaire au Cameroun est celui enregistré au lycée bilingue d’Etoug Ebe à Yaoundé, et plus précisément dans la commune d’arrondissement de Yaoundé VI. Les témoignages sur place indiquent que certains élèves, arrivés en retard ce lundi-là, n’ont pas digéré le fait que le portail de leur établissement leur soit fermé. Une mesure pourtant consignée dans le règlement intérieur dudit établissement scolaire qui stipule que chaque lundi (premier jour de la semaine), tous les élèves doivent obligatoirement prendre part à la cérémonie de levée des couleurs, faute de quoi les contrevenants s’exposent aux sanctions disciplinaires.

Ainsi, à cause d’un portail légalement fermé, s’ensuivront des bousculades ayant causé des cas de blessures graves, sans parler des injures proférées à l’encontre du corps enseignant et la destruction du véhicule de la directrice de cet établissement qui n’a eu la vie sauve que parce qu’elle se serait enfermée dans son bureau durant les troubles causés par ces élèves en furie.

Malheureusement, ces actes de violences en milieu scolaire sont devenus légion au Cameroun et aucune région n’est épargnée.

Il est donc urgent de trouver des solutions adéquates afin d’éviter que la situation n’empire. C’est pourquoi les autorités ont profité de la célébration de la fête de la jeunesse, le 11 février 2024, pour sensibiliser les jeunes et surtout les élèves sur ce fléau. En effet, les élèves mettent leur avenir en péril à cause des exactions qu’ils commettent régulièrement dans leurs établissements scolaires. Au-delà de la sensibilisation, une batterie de mesures est prise dans chaque établissement scolaire pour lutter contre le phénomène.

Au collège privé laïc «Excellence Plus», situé au quartier Nkolbisson à Yaoundé, par exemple, les surveillants généraux procèdent systématiquement et de manière régulière à la fouille des cartables. Il en est de même au lycée technique de Yaoundé II et dans bien d’autres où les élèves délinquants sont sévèrement punis après convocation préalable de leurs parents.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 11/02/2024 à 13h58