Le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ) est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un putsch en juillet 2023 et détenu depuis.
Il mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l’oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.
Cet or noir est essentiel pour les économies des deux Etats qui travaillent avec la China National Petroleum Corporation (CNPC), société pétrolière appartenant à l’Etat chinois.
Mardi après-midi, «la position de la CNPC de Djibeilla, située dans le bloc pétrolier d’Agadem, a été la cible d’une tentative d’attaque menée par des individus armés de la nébuleuse mercenaire MPLJ à bord d’une dizaine de véhicules», indique l’armée dans son bulletin hebdomadaire des opérations.
«La réaction prompte et fulgurante des forces de défense et de sécurité a contraint ces mercenaires à se replier en débandade, abandonnant des matériels et des équipements militaires», poursuit l’armée, montrant des images d’un véhicule estampillé MPLJ abandonné, des armes et des corps d’assaillants présumés.
L’armée précise avoir poursuivi les assaillants qui se sont repliés «en direction du Tchad d’où ils sont venus».
Le MPLJ a de son côté publié un communiqué où il affirme avoir infligé de «lourdes pertes» au sein de l’armée, évoquant un bilan «d’au moins 24» soldats tués, ce que l’AFP n’a pu vérifier de source indépendante.
Il affirme également avoir «gravement endommagé plusieurs infrastructures pétrolières» et reconnaît la mort d’un de ses combattants ainsi que la «panne» d’un véhicule.
Le MPLJ a par ailleurs «mis en garde» la compagnie chinoise CNPC que «toute collaboration directe ou indirecte avec la junte au pouvoir» l’«expose à des attaques de ce genre».
La junte du général Abdourahamane Tiani au pouvoir au Niger revendique une politique souverainiste, notamment sur les ressources minières du pays.
Mais le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de «terroristes» par Niamey et qui se présentent comme des éleveurs nomades issus de la communauté toubou, déplorent que la richesse du pétrole dans la région du nord-est nigérien soit encore trop peu reversée aux populations locales. Ils réclament également le retour à l’ordre constitutionnel au Niger.
