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Vidéo. Niger: les artisans face à la rareté des touristes

VidéoAu Niger, dès l’annonce du premier cas enregistré du Covid-19, le pays a pris des mesures visant à limiter la propagation du virus, notamment la fermeture des frontières aériennes et terrestres. Dans cette logique de riposte, plusieurs secteurs d’activité ont été impactés.

Par Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Le 19/12/2021 à 08h04, mis à jour le 19/12/2021 à 08h06
Niger: les artisans face à la rareté des touristes
Le360/ Aboubacar Sarki

Si partout dans le monde, le tourisme a été grippé par la pandémie, au Niger le secteur de l'artisanat, dont l'essentiel de la clientèle est constituée de voyageurs, n'a pas fait exception. Il connaîtra une chute drastique de son activité. Pendant près de deux ans, les artisans ont traversé une période sombre occasionnée par la pandémie du Covid-19. Et pour y faire face, ils ont opté pour une mobilisation des Nigériens afin que ceux-ci s’intéressent davantage à leurs produits et les achètent afin de compenser le manque de touristes.

«Face à cette situation, nous avons approché les autorités locales pour qu’elles puissent inciter les populations à acheter nos produits. Nos produits sont faits en argent, donc de meilleure qualité que ceux importés. Nous avons aussi lancé un appel à ces mêmes populations locales pour qu’elles s’intéressent davantage à nos produits et nous aident à sortir de cette crise», indique Almoustapha Kamso, le président des artisans du château 1 de Niamey, un quartier de la ville.

Les artisans du Niger font un travail remarquable, à en juger la diversité des produits disponibles sur les étales et dans les boutiques. Parmi les matières premières utilisées, on peut citer l’argent, le bronze, le Nickel et l’or pour certains, et pour d’autres le bois, le cuir et la peinture. A travers leur savoir-faire, ils sculptent de belles pièces d’arts qui attirent les regards et éblouissent tous ceux et celles qui s’en approchent. Les touristes constituent l’ossature des clients. Le secteur emploie plusieurs milliers de personnes à travers le Niger. Pour la plupart, le métier est une affaire de famille et se transmet de génération en génération. La pandémie de Covid-19 a donc eu un impact sévère sur de nombreuses familles d’artisans.

«Avant, les activités marchaient très bien pour moi et j’arrivais à subvenir aux besoins de ma famille. L’arrivée du Covid-19 a été un calvaire pour nous vu que les touristes constituent les 80% de nos clients. Pour faire face aux charges familiales, j’ai dû casser les prix souvent par 5. Un article de 10.000 fcfa pouvait se vendre à 2000 fcfa», nous raconte Ahmed, artisan au quartier château 1 de Niamey.

Le musée national de Niamey est également un site occupé depuis des lustres par des artisans. L’ambiance qui y existait autrefois revient progressivement. Certains artisans sont de retour après avoir déserté les lieux. Le Covid a contribué à réduire drastiquement les ventes poussant certains artisans à abandonner le métier. 

«Avant le Covid-19, les artisans présents ici pouvaient atteindre plus de 300 personnes. Une fois la pandémie installée, on pouvait compter entre 20 et 30 artisans disponibles. Certains ont abandonné le métier pour faire autre chose. Nos ventes sont passées de un million (1.000.000) à deux millions (2.000.000) de francs fcfa par mois avant la pandémie à cinquante mille francs fcfa (50.000) par mois pendant la pandémie», selon Boubacar soumaila, secrétaire général de la coopérative artisanale du musé national.

Depuis le début de la pandémie, en mars 2019, un élan de solidarité s’est développé. Les artisans du Niger ont bénéficié du soutien de l'État et de celui de certains clients. Bien qu'insuffisant, ce soutien a permis à bon nombre d’entre eux de faire face aux difficultés du moment.

Même si les activités semblent timidement reprendre, les artisans du Niger nourrissent comme vœux, le retour effectif des touristes pour une relance complète de leur secteur. Au vu de la situation actuelle de la pandémie dans le monde, tout laisse penser qu’ils devraient encore attendre pour un bon moment.

Par Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Le 19/12/2021 à 08h04, mis à jour le 19/12/2021 à 08h06