Cameroun: le parlement panafricain plaide pour l’intégration du continent

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Le 22/08/2017 à 18h45

Yaoundé accueille depuis ce mardi 22 août et ce, durant cinq jours, une réflexion sur le thème de «L’intégration politique et socio-économique du continent africain: rôle du Parlement panafricain».

Président en exercice du Parlement panafricaine (PAP), le Camerounais Roger Nkodo Dang a convié l’Afrique autour d’un arbre à palabre à Yaoundé. C’est que le sujet est grâve: l’intégration tarde à se concrétiser sur le continent.

A ce propos, Dr René N’guettia Kouassi, directeur des Affaires économique à l’Union Africaine affirme que «notre continent est caractérisé par un déficit de mise en œuvre des décisions prises. Ceci pour plusieurs raisons dont la souveraineté des Etats, la faiblesse des institutions. La décision de Kigali demande qu’on prélève 2% sur les importations hors Afrique et si on fait les calculs, ça peut aider à financer beaucoup de programmes intégrateurs et ainsi déconnecter le continent du financement extérieur».

C’est donc pour concrétiser les décisions prises d’un commun accord que l’Afrique est à Yaoundé. Selon Roger Nkodo Dang, président du PAP, «la première préoccupation du Parlement panafricain, c’est l’intégration du continent africain. Mis en place en 2004, ce parlement avait reçu un mandat consultatif. Mais toutes les dispositions de l’Acte constitutif nous donnent les pleins pouvoirs pour nous attaquer à tous les problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels du continent africain. Notamment l’épineux problème de l’intégration qui revient à tout moment comme un impératif pour les pays africains».

Le thème retenu pour la conférence du 22 au 26 août 2017 est: «L’intégration politique et socio-économique du continent africain: rôle du Parlement panafricain». Une rencontre qui regroupe des membres du PAP dont une forte délégation est présente à Yaoundé. A leurs côtés, des parlementaires camerounais, des hommes politiques, universitaires, experts juristes et autres acteurs de la société civile.

A peine ouvert, les attentes sont déjà grandes. Ben Yakoub Abdellatif du parlement arabe est très clair: «Nous voulons que, désormais, les africains eux-mêmes décident de leur sort, étant donné que notre continent dispose de ressources naturelles et humaines. Il faut que les Africains aillent au-delà des réalités existantes. Le parlement africain doit également être au même niveau que le parlement européen. Il doit tracer une véritable route pour une véritable intégration politique et socioéconomique forte».

En guise de réponse, Roger Nkodo Dang indique d’emblée que «le Parlement ne va pas légiférer sur les constitutions des pays, mais sur les sujets d’intérêt commun aux Etats-membres…». Notamment le terrorisme, la crise économique, les questions de migrations, le changement climatique, etc. Une demi-douzaine de sous-thèmes pour autant de conférences-débats.

Après la conférence de Yaoundé, première du genre, quatre autres se tiendront dans le reste des sous-régions où, comme en Afrique centrale, la nécessité de faire taire les égos nationaux est le premier pas à franchir, vers une Afrique véritablement unie.

Par Elisabeth Kouagne (Abidjan, correspondance)
Le 22/08/2017 à 18h45