Libye: le parlement désavoue Fayez El-Serraj et vote la rupture des relations avec la Turquie

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Le 06/01/2020 à 09h13, mis à jour le 06/01/2020 à 09h16

Le parlement libyen a annulé ce week-end l'accord signé avec la Turquie concernant la frontière maritime et la coopération militaire avec le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Un sérieux revers politique pour Fayez El-Serraj.

L'organe législatif libyen a annulé ce samedi 4 janvier l'accord signé entre le Gouvernement d'entente nationale (GNA) et la république de Turquie portant sur le tracé de la frontière maritime et la coopération militaire entre les deux pays, selon plusieurs médias dont la châines saoudienne, Al-Arabiya et qatarie, Al-Jazeera ou encore l'agence russe Sputnik. Dans la foulée, ie Parlement libyen a décidé d'adopter un texte en faveur de la rupture des relations avec la Turquie.

S'il y a bien deux forces antagonistes qui s'opposent pratiquement depuis la chute de Moammar Khadafi, le parlement, quant à lui, est unique. Il s'agit de la Chambre des représentants élus du pays, mais qui est basée à Tobrouk dans l'est du pays. Par cette importante décision, les députés se sont clairement rangés du côté du maréchal Khalifa Haftar, prenant à contre pied Fayez El-Serraj.

En outre, le parlement a recommandé des poursuites judiciaires contre le Premier ministre Libyen, Fayez El-Serray et tout ceux qui ont pris part à la signature de l'accord avec la Turquie. Les députés libyens menacent ainsi de transférer leur dossier au parquet général afin qu'une enquête soit ouverte dans les plus brefs délais sur leurs activités respectives.

Par ailleurs, la presse officielle est sommée de ne pas procéder à la publication d'une seule ligne dudit accord. avec la Turquie

Enfin, la décision a été prise de fermer l'ambassade de Turquie en Libye, tout en demandant à la communauté internationale d'empêcher Recep Tayyip Erdogan d'arriver à ses fins. Ils ont ainsi lancé un appel solennel au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'Union africaine, à la Ligue arabe ou encore à l'Union européenne de retirer leur reconnaissance au GNA de Fayez El-Serraj basé à Tripoli.

Par ailleurs, un mandat a été donné à l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar pour fermer tous les ports, aéroports et postes frontières sous le contrôle des groupes armés.

Pour rappel, le Parlement turc a autorisé le jeudi 2 janvier, le gouverment de Recep Tayyip Erdogan à envoyer des troupes en Libye, suite à la demande adressée le 26 décembre par le Gouvernement d'entente national à la Turquie, en vertu de l'accord militaire signé fin novembre 2019.

Par Djamel Boutebour
Le 06/01/2020 à 09h13, mis à jour le 06/01/2020 à 09h16