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Union africaine: pour l'exclusion d'Israël, l'Algérie n'a convaincu que six pays parmi 54

Publié le 04/08/2021 à 13h42 Par Mar Bassine

#Politique
Alely Adamso (G) et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine

Alely Adamso, ambassadeur d'Israël à l'Union africaine et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine

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#Autres pays : Finalement, ce ne sont que 6 pays, au lieu de 12 annoncés, qui se sont ralliés à la cause algérienne pour demander l'exclusion d'Israël en tant que membre observateur de l'Union africaine.


Comme il fallait s'y attendre, la montagne a accouché d'une souris. La diplomatie algérienne, qui avait fait courir la rumeur qu'elle avait pu convaincre une douzaine de pays pour exiger l'exclusion d'Israël de l'Union africaine, n'a finalement pu en confirmer que 6.

En effet, en plus de celui de l'Algérie, les ambassadeurs de six autres pays arabes, en l'occurrence celui de l’Egypte, de la Tunisie, des Îles Comores, de Djibouti, de Mauritanie et de Libye ont adressé une lettre de contestation au président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, pour rejeter l'admission de l'Etat d'Israël comme membre observateur.


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Initialement, la rumeur, relayée largement par la presse acquise à Alger, faisait état de 12 pays en plus de l'entité indépendantiste du Polisario, qui s'étaient joints à l'Algérie pour exiger que la décision d'accorder à Israël un statut d'observateur soit annulée. Il s'agissait selon le site d'information basé à Londres, Rai -al-Yawm des pays suivants: l'Afrique du Sud, la Tunisie, l'Erythrée, le Sénégal, la Tanzanie, le Niger, les Comores, le Gabon, le Nigéria, le Zimbabwe, le Liberia et les Seychelles.

De plus, le fait que cette contestation n'ait été faite qu'à travers les ambassadeurs montre que l'Algérie est consciente qu'elle a bien peu de chance de la voir aboutir. Sans quoi, Moussa Faki Mahamat allait directement être saisi par les chefs d'Etat concernés, ou, à la rigueur, par les ministre des Afffaires étrangères. Ramtame Lamamra, si prompt à s'égosiller, allait sans doute être le premier à monter à la charge. Mais, il n'en est rien.

Le ministre algérien des Affaires étrangères s'évite ainsi une déconvenue annoncée d'avance, puisque dans un continent qui compte 54 pays, en avoir 6 pour exiger l'annulation d'une décision souveraine du président de la Commission relève de l'utopie.

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Cette démarche n'est finalement menée que dans un but de communication afin de laisser croire que l'Algérie est plus attachaée à la Palestine que le reste des pays du continent, alors qu'il n'en est rien. On savait dès le début que certains pays figurant dans la liste initiale n'allaient sûrement pas confirmer leur alliance avec Alger.

D'ailleurs, le360 Afrique écivait que "bien que fervents défenseurs de la cause palestinienne, le Sénégal, le Gabon et le Liberia sont aussi des alliés d'Israël. Difficile d'imaginer ces pays prendre part à une telle initiative, si tant est que l'Algérie a essayé de la mener". Et que "Pour des raisons historiques, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe iront sûrement dans ce sens, si Alger les y invite. D'ailleurs, Pretoria a déposé, jeudi 29 juillet 2021, une objection auprès de la Commission, demandant des clarifications".

Pour les sept autres pays restants, que sont la "Tunisie, l'Erythrée, la Tanzanie, le Niger, les Comores, le Nigeria et les Seychelles, si une proposition est faite devant l'Union africaine pour refuser à Israël ce statut, ils pourraient tout autant la suivre que s'y opposer. En revanche, il reste improbable de les voir mener, eux-mêmes, une coalition dans ce sens".

Cependant, Israël sait parfaitement que l'ensemble des pays du continent demeurent fidèles à la défense des droits du peuple palestinien et à la solution à deux Etats du conflit opposant les deux parties. D'ailleurs, Moussa Faki Mahamat l'a clairement rappelé et que cela restait la position ferme de l'Union africaine. L'avoir comme observateur au sein de l'Union africaine est justemet l'occasion de lui rappeler en permanence, qu'il doit cesser sa politique de discrimnation, ses attaques contre le peuple de Palestine et ses incursions meurtrières dans Gaza.
Le 04/08/2021 Par Mar Bassine