Algérie: les retraités laissés à leur triste sort

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Le 28/01/2022 à 10h45

Les retraités algériens dénoncent l'attitude des autorités qui non seulement refusent de procéder à la valorisation des pensions, mais surtout refusent de donner suite aux courriers de revendications qui leur sont adressés.

Depuis mai 2021, les retraités algériens attendent la revalorisation de 2 à 7% de leurs pensions, souligne le journal El Watan qui rapporte les propos de l'Organisation syndicale des retraités algériens (OSRA). Ainsi, dans un communiqué, l'OSRA note plusieurs griefs à l'endroit des autorités qui font la sourde oreille. 

Selon elle, il y a «la situation socio-économique des retraités, la marginalisation observée par notre syndicat de la part des responsables et particulièrement de la part du ministère du Travail qui, non seulement n’a pas répondu à nos deux lettres, notamment celle concernant le non-versement de la revalorisation des pensions de retraite au titre de l’année 2021 ainsi que celle concernant le refus de la délivrance du récépissé d’enregistrement d’OSRA».

Le nouveau barème de l'impôt général sur le revenu n'est pas non plus appliqué aux pensions de retraite, comme cela aurait dû être le cas. De plus, l'OSRA dénonce la différence de traitement entre les caisses de retraite. «Nous appelons les responsables à revoir leur politique vis-à-vis de cette catégorie sociale que sont les retraités et les écarts de salaire entre les pensionnés de cette caisse particulièrement et leurs collègues des autres caisses et travailleurs actifs», écrivent les retraités dans leur communiqué.

Selon El Watan, actuellement, «près de 2 millions de retraités n’ont pas bénéficié du barème de l’IRG» et, à l'avenir, «plus de 3.200.000 pensionnés ne profiteront pas des augmentations de salaires ni de la révision du point indiciaire».

L'Organisation syndicale des retraités algériens n'a pas hésité à interpeller le président de la république, Abdelmadjid Tebboune lui-même, pour «trouver une solution à ces anciens travailleurs. OSRA, organisation syndicale nouvellement créée, dénonce la politique du deux poids deux mesures dans l’application des lois régissant les trois caisses de retraite et particulièrement celle de l’indexation des pensions de retraite au salaire de poste actuel».

Selon le décryptage de Bachir Hakem, enseignant de mathématiques à la retraite, les augmentations promises dans le cadre de l'Impôt sur le revenu global (IRG) «montrent que plus le revenu est élevé, plus les disparités augmentent, donc cela ne profitera pas aux retraités affiliés à la CNR où sur le million de retraités, peu sont ceux qui touchent une pension de plus de 60.000 DA pendant que plus de 2 millions de retraités bénéficieront de 0 DA d’augmentation, ce qui représente les 2/3 des retraités». 

En d'autres termes, les augmentations prévues ne serviront qu'à renforcer les inégalités entre les pensions les plus faibles et celles les plus élevées. Or, souligne El Watan, «la plupart des retraités arrivent à peine à joindre les deux bouts dans un contexte de crise économique persistante, de chute continue de pouvoir d’achat et de fortes incertitudes». 

Par Djamel Boutebour
Le 28/01/2022 à 10h45