Politique

RDC: l'ex-président du parti de Tshisekedi arrêté pour outrage au chef de l'Etat

L'ex-chef du parti présidentiel en République démocratique du Congo, récemment passé à l'opposition, a été arrêté mardi à Kinshasa et transféré en prison dans le cadre de poursuites pour outrage au chef de l'Etat, a-t-on appris de source judiciaire.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 10/08/2022 à 11h38, mis à jour le 10/08/2022 à 11h46
Jean-Marc Kabund
DR

Député et ancien vice-président de l'Assemblée nationale «Jean-Marc Kabund a été placé sous mandat d'arrêt provisoire» à la prison de Makala, dans la capitale, après un interrogatoire, a déclaré à l'AFP un magistrat du parquet près la Cour de cassation.

Selon le réquisitoire du parquet, consulté par l'AFP, Kabund est poursuivi pour «outrage au chef de l’État, imputations dommageables et diffamation».

Elu de Kinshasa, Jean-Marc Kabund, est passé à l'opposition en juillet après avoir été radié du parti présidentiel, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et avoir démissionné de son poste de 1er vice-président de l'Assemblée nationale congolaise.

Lors de l'annonce de la création de son propre parti politique, "Alliance pour le changement", Kabund avait fustigé «l'absence de vision claire», «l'incompétence notoire et la mégestion institutionnalisée caractérisée par l'insouciance, l'irresponsabilité, la jouissance et la prédation au sommet de l’État» par le camp du président Félix Tshisekedi.

«Quand je parle de détournement (...) ce sont des centaines et des centaines de millions de dollars, placés dans des paradis fiscaux, placés dans des multinationales, ce sont des espèces sonnantes qui quittent le pays dans des jets privés», avait-il affirmé dans une interview à la radio française RFI.

Kabund a eu également des mots durs contre les chambres du parlement. Sous Tshisekedi, «le parlement (est devenu) un lieu de traitement des sujets sans pertinence aucune et celles des théâtres de clowns politiques», avait-il estimé.

Son arrestation est intervenue alors que le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken est en visite à Kinshasa, où il a rencontré Tshisekedi. En RDC, des voix s'élèvent de plus en plus pour dénoncer des arrestations d'opposants dans le pays.

Blinken «devrait dénoncer l’escalade de la répression contre les militants, les manifestants et les journalistes, et mettre en garde contre l’intolérance croissante à l’égard des critiques», a déclaré l'activiste Floribert Anzuluni du mouvement pro-démocratie Filimbi.

Pour Anzuluni, cette tendance du régime au pouvoir depuis janvier 2019 en RDC «risque de compromettre la tenue d’élections libres, crédibles et tenues dans les délais, en 2023».

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 10/08/2022 à 11h38, mis à jour le 10/08/2022 à 11h46