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Mozambique. Attaque jihadiste: évacuation confuse de 180 personnes piégées dans un hôtel

Mise à jour le 27/03/2021 à 15h08 Publié le 27/03/2021 à 14h58 Par Le360 Afrique - Afp

#Société
Mozambique
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#Autres pays : Les 180 personnes, dont des étrangers, qui étaient piégées depuis trois jours dans un hôtel au Mozambique après une attaque de groupes jihadistes, ont été évacuées vendredi mais certaines ont ensuite été tuées dans une embuscade, a-t-on appris samedi auprès d'une source de sécurité.

Les détails sur l'évacuation restaient confus. Et la communication via téléphone portable, dans cette zone du nord-est du pays limitrophe de la Tanzanie, à proximité de la zone abritant un méga-projet gazier auquel participe le groupe français Total, est particulièrement aléatoire depuis le début de l'attaque mercredi.

Des groupes jihadistes ont lancé une attaque surprise mercredi après-midi dans la petite ville de Palma, faisant fuir des gens terrifiés vers la forêt environnante, tandis que des travailleurs du site, parmi lesquels des expatriés, et des fonctionnaires mozambicains se réfugiaient dans l'hôtel Amarula.

Un premier groupe de 80 personnes a quitté l'hôtel à bord de camions de l'armée vendredi, selon la source de sécurité qui participe à ces opérations. Mais "le convoi de 17 camions a été attaqué peu après avoir quitté l'hôtel".

"Plusieurs personnes ont été tuées mais la plupart ont réussi à s'échapper", a affirmé cette source, précisant que seuls sept des camions étaient arrivés à sortir de la zone de combats, le parcours des autres restant inconnu.

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La centaine d'autres assiégés ont quitté l'hôtel à pied pour rejoindre la plage. Les militaires les ont trouvés là en milieu de nuit et ils ont été évacués en bateau.

"Les combats se poursuivent et plusieurs équipes militaires continuent les recherches pour tenter de sauver les personnes qui étaient à bord des camions attaqués", a encore précisé cette source.

Le gouvernement mozambicain ne s'est pas exprimé publiquement depuis jeudi, quand il a annoncé répliquer militairement à l'attaque. Un responsable militaire, interrogé par l'AFP, n'a pas souhaité donner de précisions mais a affirmé que le ministre de la Défense s'exprimerait prochainement.

"Des corps dans les rues"

A Palma, "presque tout a été détruit et beaucoup de gens sont morts", a affirmé à l'AFP un salarié du site gazier par téléphone vendredi après avoir été évacué, sans être en mesure de donner de détails sur les victimes ou leur nationalité.

Plusieurs personnes ont été tuées, a affirmé l'ONG Human Rights Watch, citant des témoins "qui nous disent avoir vu des corps dans les rues". Parmi eux, au moins un citoyen sud-africain, a-t-on appris auprès d'une source gouvernementale à Johannesburg.

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L'attaque a été lancée le jour même où Total annonçait la reprise des travaux de construction sur le site, suspendus depuis le début de l'année en raison de l'insécurité dans la zone. Mais selon plusieurs experts, les préparatifs nécessaires pour mener une attaque d'une telle ampleur écartent l'hypothèse d'une réplique à cette annonce.

Vendredi, des hélicoptères avaient survolé la zone pour tenter de trouver un corridor pour évacuer les assiégés de l'hôtel, selon plusieurs sources.

Dans une vidéo publiée vendredi sur les réseaux sociaux, qui n'a pas pu être vérifiée, l'un des assiégés, un homme visiblement ému, qualifiait en portugais la situation de "critique": "Nous ne savons pas si nous allons être sauvés", dit-il face à son téléphone portable, comme un SOS.

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Palma est située plus de 1.800 km au nord de Maputo, la capitale, dans la province musulmane du Cabo Delgado, où les autorités sont confrontées à une violente guérilla depuis plus de trois ans.

Les attaques de ces jihadistes armés, connus sous le nom d'Al-Shabab ("les jeunes", en arabe) et qui ont fait allégeance au groupe Etat islamique (EI) en 2019, avaient faibli ces derniers mois, une accalmie jusque-là imputée à la riposte militaire.

Le conflit a fait au moins 2.600 morts, dont plus de la moitié de civils, selon l'ONG Acled, et forcé plus de 670.000 personnes à quitter leur foyer, selon l'ONU.
Le 27/03/2021 Par Le360 Afrique - Afp

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