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Côte d’Ivoire: le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires s’affrontent sur les retraites

Publié le 04/01/2017 à 17h30 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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#Côte d’ivoire : Mis sous pression par les syndicats de la fonction publique, le gouvernement ivoirien propose un forum social pour entamer des négociations. Au centre des désaccords, la réforme des retraites, dénoncée par les uns et pourtant jugée nécessaire par les autorités.

Les fonctionnaires ivoiriens feront-ils grève dès lundi prochain? La question reste en suspens après l’appel du ministre de la Fonction publique, Pascal Abidjan Kouakou, invitant les syndicats à renoncer à la grève générale qu’ils projettent la semaine prochaine. En contrepartie un «forum social» est proposé pour débattre de la question centrale de la retraite.

Les syndicats avaient depuis bientôt un mois entrepris une tournée de mobilisation à l’intérieur du pays afin de sensibiliser leurs collègues, avec l’objectif de réitérer le succès du débraiement de novembre dernier qui avait été largement suivi.

La réforme de 2012 en cause

La principale revendication est l’abandon de la réforme des retraites intervenue en 2012. Le nouveau régime induit une hausse du taux de cotisation de la pension de retraite qui passe de 6 à 8,33% et une baisse du «taux d’annuité liquidable de la pension» (qui intervient dans le calcul de la pension), réduit de 2% à 1,75%, avec une incidence négative sur les pensions.


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De plus, soutiennent les syndicalistes, lorsque le fonctionnaire décède avant son départ à la retraite (fixé entre 60 et 65 ans selon le grade), la veuve doit attendre le nombre d’années séparant son défunt époux de l'âge de la retraite avant de bénéficier de la pension de ce dernier. En plus, le capital décès qui équivalait à 18 mois de salaire a été supprimé.

La grève n'est pas exclue

«Les syndicats ont tort de dire que l’ordonnance de 2012 appauvrit le fonctionnaire. Cette ordonnance ne l’enrichit pas non plus. Cette ordonnance, bien au contraire, assure leur sécurité. Elle rend le système fiable et pérenne. Tous les pays qui n’ont pas eu le courage de faire la réforme ont vu leur système péricliter», s’est défendu Abidjan Kouakou au cours d’une conférence de presse ce mercredi 3 janvier.


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Le fait est que la CGRAE -Caisse générale de retraite des agents de l'état, une institution de prévoyance sociale-, l’organe public en charge de la gestion des pensions de retraite du secteur public, frôlait la faillite avant les derniers aménagements. Entre 2004 et 2009, ce sont 250 milliards FCFA, soit 381 millions d’euros, que l’État avait dû apporter comme subvention pour soutenir le régime et pour la seule année de 2010, on estimait à 53 milliards FCFA, soit 80,8 millions d’euros, le déficit de de la CGRAE.

Pour le ministre, le forum social prévu du 23 au 25 février prochain parait bien indiqué pour expliquer le «bien-fondé de la réforme». «Si au sortir de ce forum les mesures que le gouvernement va arrêter ne les satisfont pas, les syndicats pourront partir en grève».

«C’est une manœuvre dilatoire», ont réagit certains syndicalistes qui promettent de se prononcer très prochainement sur la question.

Le 04/01/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet