Bamako. «L’âge d’or du Mali c’est son avenir»: l’artiste Abdou Ouologuem, entre mémoire et transmission

L'exposition «L’âge d’or du Mali c’est son avenir» de l’artiste Abdou Ouologuem a attiré du monde.

Le 03/01/2026 à 09h09

VidéoL’année 2025, proclamée celle de la culture, a été clôturée avec l’éclat de l’or. C’est autour de tissu aux motifs géométriques, de poteries des âges anciens et d’installations contemporaines que s’articule l’exposition intitulée L’âge d’or du Mali d’Abdou Ouologuem, un artiste «d’une remarquable polyvalence». C’est surtout une expo qui interroge les consciences autant qu’elle séduit le regard.

Mardi 30 décembre 2025, le Mali avait un double rendez-vous, avec son patrimoine culturel séculaire et surtout avec son avenir qui ne peut se dessiner sans l’Histoire du pays. Au musée national de Bamako, sont exposé des objets d’art du 14e siècle du pays, des poteries modelées à la main depuis des siècles et cuites au feu de bois, le fameux tissu bogolan célèbre pour ses motifs géométriques aux couleurs terreuses et, plus contemporains, des vidéos et des installations artistiques.

Selon l’initiateur de l’exposition, «parler de l’âge d’or du Mali, c’est parler de beaucoup de choses. Ce n’est pas à proprement parler de l’or; mais c’est aussi l’intelligence du Malien, la connaissance, le savoir. L’âge d’or doit être considéré comme l’intelligence».

Pour l’artiste Abdou Ouologuem, «il est temps pour les Maliens de réfléchir, de cultiver la pensée et de réécrire notre histoire». Ce sexagénaire natif de la région de Tombouctou est «un artiste d’une remarquable polyvalence, naviguant avec aisance entre les genres artistiques. Il fait preuve d’un talent exceptionnel en peinture, sculpture, décoration et création de costumes, et maîtrise divers médiums artistiques» dit de lui retroafrica.art.

Lors cette rencontre avec la culture malienne, Abdou Ouologuem a également retracé l’histoire de Kankou Moussa dont le règne (entre 1312 et 1337) marque l’apogée politique, économique et culturelle de l’Empire du Mali, étendu du Fouta-Djalon jusqu’au Gao, en passant par les anciens territoires du Ghana.

Pour l’artiste, «cette exposition vise à créer un pont entre nos frères qui ont été capturés et amenés en Amérique, aux Antilles entre autres pour les ramener au bercail». Pour sa part, l’artiste musicien Cheick Tidiane Seck dira que «cette exposition pouvait être réalisée par un plasticien, un dramaturge ou un comédien pourvu qu’on mette l’accent sur l’identité culturelle mais pas du surfait, ni du surchauffé, mais quelque chose de profond».

Il estime «que le slogan Mali Kura ne peut exister qu’à travers le Mali ancien parce qu’il y a toujours les gardiens légendaires de notre identité qui sont là et qui ont posé des actions qui sont non périssables».

Enfin, l’artiste comédien, Abdoulaye Mangané estime que «l’exposition sur l’âge d’or du Mali raconte l’histoire de l’Afrique, le rapport du Mali avec l’or» et de s’interroger «comment avec autant de richesses, le Mali se retrouve dans le rang des pays le plus pauvre du monde?»

Il conclut en disant «il y a beaucoup de question philosophique sur les arts qu’il expose. Il peut raconter l’histoire, la politique, la philosophie, de même que la géographie du Mali parce qu’il a parcouru presque l’ensemble du territoire malien faisant de lui un polyglotte».

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 03/01/2026 à 09h09