Ces artefacts datant de l’époque préhistorique jusqu’à la période islamique, statuettes funéraires, vases ornementés, vaisselle en bronze, pierres gravées ou minuscules amulettes en forme de scarabées, ont été exposés sur de grandes tables déployées dans une salle de réception pour cette cérémonie sous haute surveillance.
Le musée de Khartoum qui réunissait toutes les collections trouvées par les archéologues sur les différents sites antiques du Soudan, a été pillé et détruit au printemps 2023, quand les paramilitaires Forces de soutien rapide (FSR) ont pris la capitale après s’être rebellés contre les forces armées, leurs anciens alliés.
A l’époque des pillages, des images satellites ont montré des camions chargés de trésors se diriger vers le Darfour, vaste région de l’ouest contrôlée par les FSR.
Depuis, les autorités soudanaises se sont mobilisées avec l’aide de l’UNESCO et d’Interpol pour retrouver les objets volés avant qu’ils ne passent les frontières en contrebande pour être vendus au marché noir.
«L’héritage soudanais n’est pas seulement d’importance nationale, c’est un trésor pour l’humanité», a souligné mardi le représentant de l’UNESCO au Soudan Ahmed Jonied.
«Ceux qui ont cherché à voler ces antiquités n’ont pas seulement visé leur valeur matérielle, mais ont cherché à effacer l’identité de cette nation, son histoire et sa civilisation», a pour sa part affirmé le ministre des Finances Gibril Ibrahim.
Le ministre de l’Information et de la Culture, Khalid Aleisir a pour sa part promis une «récompense financière» à ceux qui rapporteraient des antiquités aux autorités, sans préciser de montant. Les responsables soudanais sont restés très discrets sur les conditions de récupération des objets volés, se contentant d’insister sur le rôle des services de renseignements.
Parmi les antiquités toujours recherchées, la «chambre d’or», la collection la plus précieuse du musée de Khartoum, réunissant des bijoux anciens et des pièces en or pur de 24 carats, dont certaines vieilles de près de 8.000 ans.
Au musée de Khartoum, il ne reste presque rien des vestiges antiques stockés depuis la construction du musée dans les années 50: les pillards n’ont laissé que les plus difficiles à transporter, comme la statue massive du pharaon noir Taharqa ou les fresques de temples déplacés lors de la construction du barrage d’Assouan. Les archéologues ont dû attendre mars dernier, après la reprise par l’armée de Khartoum, pour pénétrer dans son enceinte et commencer l’inventaire des destructions.
La plupart des musées du Soudan, dont le palais du Sultan Ali Dinar situé à el-Facher, capitale du Darfour-Nord prise fin octobre par les FSR, ont été pillés depuis le début de la guerre il y a deux ans et demi, selon la direction nationale des antiquités qui a évalué les pertes à 110 millions de dollars (environ 94 millions d’euros).
