Commerce: quels ont été les 10 premiers partenaires africains des États-Unis en 2025

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Le 09/03/2026 à 15h57

Les échanges commerciaux entre l’Afrique et les États-Unis se sont établis à 83,44 milliards de dollars en 2025. Pris globalement, ces échanges sont quelque peu équilibrés: l’Afrique a exporté pour 43,02 milliards de dollars et importé pour une valeur de 40,42 milliards de dollars de produits américains. Ces échanges, le fait d’une poignée de pays, ont été légèrement affectés par les taxes sectorielles et les surtaxes douanières de 2025.

Dans le commerce extérieur de biens des États-Unis qui s’est établi à 5.636 milliards de dollars, l’Afrique n’a pesé que 83,44 milliards de dollars, soit moins de 1,5% du commerce extérieur américain, selon les données de U.S Census Bureau du ministère du Commerce des États-Unis. Ces statistiques montrent, encore une fois, le faible poids économique des pays africains dans les échanges mondiaux sachant que les États-Unis sont la première puissance économique mondiale.

L’origine de cette faible contribution est à chercher dans la structure des exportations africaines essentiellement composées de matières premières, notamment des hydrocarbures (pétrole et gaz), des minerais et des produits agricoles. Des produits globalement sans valeur ajoutée, contrairement aux biens importés.

En valeur, les exportations de biens africains vers les États-Unis ont atteint 43,02 milliards de dollars en 2025. Rapportées aux importations totales de biens des États-Unis qui se sont établies à 3438 milliards de dollars, l’Afrique n’a pesé que 1,25% des importations américaines.

La structure des exportations africaines vers les États-Unis comprend une variété de produits dont les hydrocarbures (pétrole et gaz), les minerais (cobalt, phosphate, platine, cuivre, manganèse,), les produits agricoles (cacao, café, agrumes…), les véhicules, le textile et l’habillement,…

S’agissant d’hydrocarbures, par exemple, les États-Unis ont importé 89,37 millions de barils de pétrole d’Afrique en 2025. Le Nigeria, premier producteur de pétrole africain, est le premier fournisseur africain des États-Unis avec 46,62 millions de barils livrés, devant la Libye (17,76 millions de barils), l’Angola (8,89 millions de barils de pétrole)….

A noter que les droits de douane, notamment les taxes sectorielles, les surtaxes douanières appliquées en 2025 et l’arrêt de l’Agoa -African growth and opportunité act-, une loi du Congrès américain qui accorde la franchise de douane à des milliers de produits de pays d’Afrique subsahariens, ont perturbé les échanges commerciaux entre les États-Unis et certains pays africains, notamment ceux exportant des véhicules, du textile et de l’acier.

Les importations en provenance des États-Unis se sont établies à 40,42 milliards de dollars, soit 1,84% des exportations américaines. Les pays africains importent des États-Unis des machines, produits agricoles, produits pharmaceutiques, avions et pièces aéronautiques, composants électroniques, véhicules, … En clair, des produits à forte valeur ajoutée.

En conséquence de quoi, la balance commerciale s’est légèrement penchée en faveur des 54 pays africains avec un excédent commercial de 2,60 milliards de dollars. Un volume insignifiant quand on le rapporte au déficit commercial record de 1.241 milliards de dollars enregistré par les États-Unis en 2025, et ce malgré la mise en place des droits de douane par l’administration Trump. En tout, l’Afrique ne représente que 0,21% du déficit commercial des États-Unis.

Du côté des partenaires, l’Afrique du Sud est le premier partenaire commercial des États-Unis en Afrique. En dépit des relations diplomatiques tendues entre les deux parties et les surtaxes de 30% appliquées aux produits sud-africains, le pays arc-en-ciel est resté le premier partenaire africain avec un volume des échanges de 23,05 milliards de dollars, soit environ 28% des échanges commerciaux de biens entre les États-Unis et l’Afrique. Avec des exportations de 16,68 milliards de dollars, l’Afrique du Sud a dégagé un excédent commercial de 10,10 milliards de dollars.

Les exportations sud-africaines comprennent essentiellement des minerais, notamment les métaux précieux (platine, or, argent, palladium…), des produits agricoles essentiellement des agrumes, des véhicules dont le nombre s’est réduit à cause des taxes sur l’automobile, des produits chimiques,…

Les exportations sud-africaines ont jusqu’à présent bénéficié de l’Agoa qui accorde la franchise de douane à une grande partie des exportations vers les États-Unis. D’ailleurs, malgré les tensions politiques entre les deux pays, l’Afrique du Sud figure parmi la dizaine de pays africains ayant bénéficié de la prolongation d’une année de cet accord commercial liant les États-Unis à l’Afrique subsaharienne et qui est en grande partie derrière l’excédent commercial au bénéfice du pays australe, à côté bien évidemment de la flambée des cours des métaux précieux en 2025.

Derrière l’Afrique du Sud suit l’Égypte avec un volume des de 12,54 milliards de dollars. Toutefois, contrairement à l’Afrique du Sud, l’Égypte affiche un déficit commercial de -6,63 milliards de dollars. L’Égypte exporte principalement du textile et des vêtements. Des exportations facilitées par l’accord des Zones industrielles qualifiées (QIZ) qui bénéficient d’un accès en franchise de douane au marché américain, des produits pétroliers et chimiques, des produits agricoles… Elle importe des produits manufacturés, des produits agricoles (blé, maïs, viande…), des machines et des équipements de haute technologie.

Le Nigeria est le troisième partenaire commercial des États-Unis en Afrique avec un volume des échanges de 12 milliards de dollars. Le pays accuse un déficit commercial de 1,80 milliards de dollars vis-à-vis des États-Unis. Le premier producteur de pétrole africain est le premier fournisseur africain des États-Unis avec 46,62 millions de barils livrés en 2025, soit 52,16% du brut africain livré à l’Amérique, pour une valeur de 3,45 milliards de dollars. Outre le brut, il exporte des produits pétroliers raffinés, des produits agricoles (fèves de cacao)… Le pays le plus peuplé d’Afrique importe des États-Unis des véhicules, du pétrole brut, des produits pétroliers, des machines et équipements,…

Derrière ce trio, suit le Maroc avec un volume des échanges s’établissant à 7,5 milliards de dollars. Des échanges boostés par l’accord de libre-échange liant les deux pays. Toutefois, ceux-ci sont largement en faveur des États-Unis qui dégagent un excédent commercial de 3,65 milliards de dollars. Les exportations marocaines (1,96 milliard de dollars) comprennent essentiellement des engrais, des semi-conducteurs, du textile, des produits agricoles, des véhicules,.. Le Royaume importe des carburants, des avions, des équipements de haute technologie,…

Les autres partenaires commerciaux des États-Unis en Afrique sont l’Algérie (3,60 milliards de dollars d’échanges commerciaux), la Côte d’Ivoire (2,61 milliards de dollars), le Ghana (2,54 milliards de dollars), l’Éthiopie (2,52 milliards de dollars), la RD Congo (2,17 milliards de dollars) et la Libye (2,13 milliards de dollars).

Commerce extérieur des Etats-Unis avec ses 10 premiers partenaires commerciaux en 2025 (en milliards de dollars).

PaysEchanges extérieursExportationsImportationsBalance commerciale
Afrique du Sud23,0516,686,36+10,10
Egypte12,543,069,48-6,63
Nigeria12,005,166,80-1,80
Maroc7,501,965,51-3,65
Algérie3,62,331,27+0,97
Côte d’Ivoire2,611,970,64+1,27
Ghana2,541,261,28-0,02
Ethiopie2,521,081,43-0,41
RDC2,171,950,22+1,71
Libye2,131,400,73+0,67

Source: US Census Bureau, ministère du Commerce des États-Unis

Comparativement à la Chine, les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique sont faibles. Le commerce extérieur sino-africain est de 348,5 milliards de dollars en 2025 dont 225 milliards de dollars d’exportations chinoises. En clair, les échanges commerciaux sino-africains sont de quatre fois supérieurs à ceux d’avec Washington. Cet écart devrait se creuser davantage les années à venir en raison des politiques commerciales mises en place par les deux premières puissances économiques du monde, aux antipodes les unes des autres.

Alors que les États-Unis mettent en place des barrières tarifaires à tous les pays du monde, y compris ceux de l’Afrique avec lesquels pourtant ils n’accusent pas de déficit commercial significatif, la Chine, elle, a choisi une plus grande ouverture de son économie. En effet, Pékin a décidé d’appliquer, à partir du 1er mai 2026, des droits de douane nuls sur l’ensemble de ses importations en provenance du continent africain (53 pays africains, seul l’eSwatini en est exclu).

Dans ce contexte, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique vont augmenter de manière significative tout en tendant à un meilleur équilibre de la balance commerciale. La Chine qui importe surtout des matières premières (hydrocarbures, produits agricoles, minerais…) va ainsi renforcer la compétitivité de ses entreprises exportatrices, au moment où ceux des États-Unis, déjà handicapées par des coûts plus élevés devront continuer à supporter des droits de douane qui ont été ramenés à 15%.

Et la décision de plonger l’Agoa d’une année en réduisant les pays bénéficiaires à moins d’une dizaine, n’arrange pas la situation et pourrait freiner certaines exportations (textiles, habillement…) de certains pays du continent dont l’Agoa constituait une sorte d’avantage compétitif vis-à-vis des exportateurs d’autres régions, notamment asiatiques.

Par Moussa Diop
Le 09/03/2026 à 15h57