C’est une décision longtemps attendue par les usagers qui souhaitent voir les charges journalières réduites. Cette baisse des tarifs à ces deux postes de péage, notamment Attinguié et Singrobo désormais revus à la baisse, est entré en vigueur le 10 février dernier. Elle s’inscrit dans la volonté du gouvernement de lutter contre la cherté de la vie, tout en garantissant l’entretien du réseau routier.
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Cette mesure qui entraîne une réduction de 250 Fcfa sur les tarifs de péage de certaines catégories de véhicules dont la Classe 1, à titre d’exemple, qui paie désormais 1000 FCFA contre 1.250 FCFA. Cependant les véhicules de classe 4 (poids lourds, autocars, véhicules à 3 essieux et plus) conservent leur prix antérieur c’est-à-dire 3.500 et 5.000 FCFA.
Une décision salutaire et largement bien appréciée par plusieurs, qui voient en ce geste du gouvernement, l’effort d’aider à améliorer les conditions de travail des transporteurs. « Tout allègement est bon à prendre. Quand on fait plusieurs passages dans la journée, ça fait une différence à la fin du mois. Mais ce n’est pas suffisant», explique Traoré Issouf, chauffeur de car reliant Abidjan à Yamoussoukro.
Les syndicats de transporteurs ont également salué la mesure, bien qu’ils estiment que la baisse aurait pu être plus significative pour impacter réellement le coût du transport. «C’est une bonne initiative, mais nous espérons que le gouvernement prenne encore plus de mesures en faveur du transport routier, en revoyant à la baisse les tarifs de toutes les autres catégories de véhicule, mais également aux postes de pesage», déclare Soumahoro Mamadou, représentant de la maison des transporteurs.
Si certains automobilistes se réjouissent de cette mesure, estimant qu’une économie de 250 FCFA sur chaque passage représente un allègement, d’autres relativisent son impact. En effet, la question du rendu de monnaie aux péages a souvent posé problème, obligeant parfois les usagers à patienter longuement. «C’est juste pour éviter les problèmes de monnaie au péage, rien de plus. Si c’était vraiment pour aider, on aurait réduit davantage », estime Dosso Moussa, un conducteur de véhicule personnel.
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Si cette baisse est une première en son genre, la question de son impact réel demeure. Pour certains usagers, elle représente un petit gain, tandis que pour d’autres automobilistes, son effet reste limité. Les autorités devront également répondre aux attentes d’un secteur du transport en proie à de nombreux autres défis, dont l’état des routes et le coût du carburant.
Le goudronnage d’un kilomètre coutant entre 500 et 600 millions de Fcfa, les péages jouent donc un rôle crucial dans l’entretien et le développement du réseau routier. Les fonds collectés servent notamment à financer les travaux de maintenance et d’extension des infrastructures autoroutières. En attendant, les usagers et transporteurs devront s’adapter à cette nouvelle grille tarifaire, tout en espérant d’autres mesures plus significatives ou d’autres ajustements qui répondront plus largement à leurs préoccupations économiques et améliorer la mobilité en Côte d’Ivoire.