Nigeria: le président annonce des mesures face au coût de la vie

Le président du Nigeria, Bola Tinubu, président du Nigeria et de la CEDEAO.
Le 01/08/2023 à 08h34

Le président du Nigeria Bola Tinubu a annoncé lundi plusieurs mesures contre le coût de la vie, dont le déblocage de 200.000 tonnes de céréales après des pillages massifs de denrées alimentaires dans le nord-est du pays.

Depuis son investiture fin mai, M. Tinubu a pris une série de mesures économiques visant à relancer les investissements à long terme, mais avec de graves effets sur le portefeuille des ménages, aggravant la pauvreté dans la première économie d’Afrique.

Le mois dernier, le président a notamment mis fin aux subventions sur le carburant, faisant quadrupler les prix de l’essence, et fait monter indirectement en flèche les prix de produits alimentaires.

«Le prix du carburant a augmenté. Les prix des denrées alimentaires et autres ont suivi. Les ménages et les entreprises sont en difficulté», a-t-il reconnu lundi dans un discours retransmis à la télévision. «J’aimerais qu’il y ait d’autres solutions. Mais ce n’est pas le cas.»

Pour «réduire le fardeau» de la crise économique, le chef de l’Etat nigérian a promis au moins 240 millions d’euros pour le secteur agricole, 150 millions d’euros pour les PME et 90 millions d’euros pour le secteur manufacturier.

«J’ai (également) ordonné le déblocage 200.000 tonnes de céréales provenant des réserves stratégiques», a-t-il déclaré, désireux d’expliquer ses décisions, un style qui contraste avec celui de son prédécesseur Muhammadu Buhari.

Dimanche, un couvre-feu total a été instauré dans l’Etat d’Adamawa (nord-est) où des centaines d’habitants se sont livrés à des pillages massifs de magasins et d’entrepôts publics de stockage de nourriture, ont annoncé les autorités locales.

Mi-juillet, Bola Tinubu avait annoncé un «Etat d’urgence sur la sécurité alimentaire», promettant des investissements massifs dans l’agriculture, et des transferts d’argent aux plus pauvres.

Le Nigeria fait face à une grave crise économique depuis 2016, aggravée par la pandémie de coronavirus, puis l’offensive russe en Ukraine.

Près de la moitié de ses quelques 215 millions d’habitants vit dans l’extrême pauvreté (avec moins de 2 dollars par jour) en dépit de ses immenses réserves de pétrole.

Le nord-est du pays est particulièrement touché par l’insécurité alimentaire, alors qu’un conflit vieux de 14 ans entre l’armée et des groupes jihadistes y a déplacé des millions de personnes, et éloigné les fermiers de leurs terres.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 01/08/2023 à 08h34