Tourisme: comment l’Afrique pourrait tirer profit de la baisse des voyageurs russes en Europe

Parmi les sites touristiques emblématiques d'Afrique du Nord.
Le 28/08/2023 à 09h53

La guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui a entraîne une forte baisse des touristes russes en Europe, pourrait être une aubaine pour l’Afrique. De par sa beauté naturelle et sa riche diversité culturelle, le continent représente une alternative attrayante pour les Russes, notamment de belles destinations comme le Maroc, l’Egypte, le Kenya ou encore les Seychelles.

Depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne ayant provoqué une détérioration des relations entre la Russie et l’Europe, le nombre de touristes russes sur le Vieux continent, principalement ceux de la classe moyenne, a connu une chute spectaculaire.

D’après l’Association des tour-opérateurs de Russie (ATOR), ce taux de fréquentation a baissé de 84% en 2022. Des pays comme la Lettonie, la Finlande ou encore l’Espagne pâtissent de leur absence. La suspension des vols entre la Russie et de nombreux pays européens comme la France, l’Allemagne, la Belgique et les pays scandinaves, a contraint beaucoup de touristes russes à changer leurs plans.

Et si l’Afrique en profitait pour attirer ces flux? Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, comme le dit l’adage. Dans un papier intitulé «Safari, plage, nature: les pays d’Afrique subsaharienne vont-ils devenir les nouvelles destinations du tourisme russe , le magazine russe Profil démontre que le continent dispose de plusieurs atouts pour attirer ces visiteurs.

D’après la publication spécialisée, l’Afrique, de par sa beauté naturelle et sa riche diversité culturelle, constitue une alternative attrayante pour les Russes. Des touristes déjà séduits par plusieurs beaux endroits du continent.

Selon l’ATOR, l’Egypte figurait en tête de leurs destinations préférées en Afrique, avec 1,5 million d’entre eux qui planifiaient de visiter le pays des pharaons en 2023. S’en suivent la Tunisie, le Maroc, la Tanzanie, les Seychelles, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’île Maurice, l’Éthiopie et Madagascar.

Ouverture de nouvelles liaisons aériennes

Dans un papier publié le 13 mai, Profil vantait les atouts touristiques du Maroc, quelques jours après la reprise des vols de la RAM vers la Russie, le 2 mai. Arthur Mouradyan, vice-président l’ATOR, chargé du tourisme émetteur, déclarait au magazine que le Maroc est une destination «parfaite pour les voyageurs d’affaires et les touristes individuels». Mieux, selon lui, «le Maroc pourrait bien devenir une option de vacances toutes saisons pour les Russes à l’étranger», grâce aux développement de liaisons aériennes entre les deux pays.

Encourager ses ressortissants à venir en Afrique, c’est aussi le souhait du Kremlin. Lors du sommet Russie-Afrique organisé fin juillet 2023 à Saint-Pétersbourg, Moscou évoquait a nécessité de mettre en place de lignes aériennes avec «tous les pays africains où cela sera possible».

A noter que pour le moment, la compagnie nationale russe Aeroflot propose des vols directs vers l’Egypte et les Seychelles. Il existe également des vols directs entre Moscou et quatre pays africains à travers différentes compagnies, en l’occurrence le Maroc avec Royal Air Maroc (RAM), l’Algérie (Air Algérie), la Tunisie (Nouvelair Tunisie), et l’Ethiopie (Ethiopian Airlines).

Selon Profil, le lancement de nouveaux vols directs entre la Russie et l’Afrique aura un impact énorme sur le tourisme des pays africains, particulièrement pour les destinations sans visas pour les voyageurs russes comme le Maroc, la Tunisie, la Namibie, la Gambie, l’Afrique du Sud, les Seychelles et Maurice. «Les experts sont convaincus que les Africains pourront attirer une partie du flux touristique russe de leurs concurrents asiatiques comme la Thaïlande et le Sri Lanka», souligne le magazine.

Ces pays africains gagneraient donc à mettre en place des stratégies et campagnes de communication pour mieux faire connaître leurs offres auprès des touristes russes, y compris l’apprentissage de la langue russe au profits des guides touristiques, pour développer leurs recettes touristiques.

Par Elimane Sembène
Le 28/08/2023 à 09h53