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Autorité du Bassin du Niger: quand les soucis financiers minent les ambitions de l'organisation

Mise à jour le 02/04/2017 à 19h41 Publié le 02/04/2017 à 12h32 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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#Guinée : Conakry a accueilli les 30 au 31 mars la 35e session ordinaire du Conseil des ministres de l'Autorité du Bassin du Niger (ABN), une organisation sous-régionale qui fonctionne au ralenti du fait d'incessants problèmes, notamment financiers.

Jeudi, lors du lancement des travaux, le ministre guinéen de l'Energie Cheik Taliby Sylla, n'a pas manqué de rappeler à ses pairs venus des 9 pays de l'organisation: "notre organisation sous-régionale connaît actuellement des problèmes sérieux." Les plus importants problèmes évoqués par Cheik Taliby restent l'irrégularité des Etats membres dans le paiement des contributions au budget de fonctionnement, la lenteur dans la mise en oeuvre des projets et programmes. S'y ajoute le non-respect des procédures dans les contrats de travail du personnel et les passations de marché.

La secrétaire exécutive de l'ANB Toupta Boguena a avoué ne pas dormir "à l'approche des fins de mois" parce qu'elle "ne sait pas où trouver les fonds pour les salaires du personnel et que les fournisseurs et autres prestataires sont souvent à ses trousses". Toupta Boguena est consciente de la crise financière mondiale qui n'épargne pas les 9 pays membres de l'organisation, mais elle a appelé à des sacrifices pour la survie de l'Autorité en attendant un avenir meilleur.


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L'autre conséquence des soucis financiers de l'ABN est la dégradation poussée du fleuve Niger —le troisième plus important d'Afrique. "Faute de moyens pour réaliser les projets, la dégradation du Niger s'accélère et se traduit notamment par un ensablement aggravé du fleuve, de ses affluents et des plaines environnantes et par une pollution de diverses origines tels l'envahissement du fleuve et de ses affluents par les végétaux aquatiques, les étiages dus à la réduction de la pluviométrie. "Le constat le plus illustratif et le plus alarmant est la dégradation très avancée du bassin supérieur du Niger en Guinée, et singulièrement au niveau de la source du fleuve menacée de disparition ",  a signalé Gnalen Condé, chef de cabinet de la Primature guinéenne. Gnalen Condé a donc appelé les organes de l'ABN a plus d'engagement dans la résolution des problèmes qui assaillent l'organisation sous régionale.

Comme Gnalen Condé, tous sont conscients qu'il faut agir pour sauver l'ABN créée en 1963 par l'acte de Niamey relatif à la navigation et à la coopération économique entre Etats membres du bassin du Niger — cet acte a été remplacé en 1964 par l'accord de Niamey relatif à la Commission du fleuve Niger, à la navigation et aux transports sur le fleuve Niger.



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Il faut rappeler que l'organisation a pour mission principale de promouvoir la coopération entre les Etats et de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations du bassin du Niger par la gestion durable des ressources en eau et des écosystèmes associés. L'organisation est donc engagée dans un processus de développement durable et d'amélioration des conditions de vie des populations du bassin à travers la mise en oeuvre des projets et programmes.

Le 02/04/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou