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Guinée. 1er mai: une fête, deux revendicateurs

Publié le 02/05/2017 à 15h09 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
CNTG

#Guinée : La Guinée a célébré la fête du travail, comme depuis maintenant près de cinq ans, sur fond de division syndicale. La Cosatreg, la centrale syndicale dissidente, née en février 2014, crie à une discrimination de la part du gouvernement.

Alors que le Premier ministre Mamadi Youla a présidé la fête organisée au Palais du peuple par la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), la Cosatreg (Confédération syndicale autonome des travailleurs et retraités de Guinée) a moins mobilisé dans l'enceinte de la Mairie de Matam.

Yamoussa Touré, secrétaire général de la Costreg, a voulu surtout dénoncer "le diviser pour régner" du pouvoir.  Une politique qui, selon lui, permet au gouvernement de ne pas appliquer l'ancienne grille salariale des fonctionnaires. La Cosatreg tient à cette ancienne grille, alors qu'une nouvelle grille indiciaire adoptée en 2016 -par le fait de la CNTG- reste encore incomprise au sein des fonctionnaires.

La Cosatreg n'a pas encore oublié sa revendication sur la baisse du prix du carburant à la pompe, suite à la dégringolade du prix du baril sur le marché international en 2016. En début 2016, cette revendication unanime des centrales syndicales avait buté sur un refus catégorique du gouvernement.

La centrale dirigée par Yamoussa Touré exige également "le respect par l'Assemblée nationale des textes de loi et conventions relatifs à la liberté et l'exercice de l'activité syndicale, la levée des sanctions contre les élus syndicaux des travailleurs de l'administration parlementaire et enfin la rédaction d'un projet de loi relatif à l'organisation d'élections sociales crédibles en Guinée."


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Pour sa part, et en présence du Premier ministre, Mamady Youla, le secrétaire général de la CNTG, Amadou Diallo, est moins dur que son homologue de la Cosateg. Toutefois, Diallo n'a pas manqué de souligner que la fête "se tient dans une situation particulièrement difficile, marquée par une crise économique, le chômage, la perte d'emploi, les bas salaires, le manque de protection sociale, etc.". Une situation qui aboutit, affirme t-il, à une détérioration des relations entre partenaires sociaux marquée par une violation de la législation du travail et des conventions internationales.

Globalement, la CNTG revendique de meilleures conditions de travail et de vie pour l'ensemble des Guinéens. "C'est bien de parler de l'amélioration des conditions de vie de l'ensemble des populations. Parce que qui dit développement socio-économique, dit une richesse créée et repartie convenablement entre tous les citoyens", souligne Abdourahmane Sanoh de la société civile guinéenne.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre, s'est engagé à examiner les points de revendication soulevés par la CNTG en vue "de la consolidation de la quiétude sociale".

Le 02/05/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou