IBK veut lutter contre les violences faites aux femmes maliennes

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Le 09/03/2016 à 14h45

Le 08 mars, journée internationale de la femme, a été célébrée partout dans le monde. Au Mali, à Bamako, Evènement a réuni des centaines de femmes en présence du Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta et son épouse. Elles ont demandé la criminalisation des violences conjugales.

La commémoration de cette journée dédiée aux femmes offre chaque année l’opportunité aux pouvoirs publics et société civile de se pencher sur les droits des femmes, leur émancipation et surtout l’égalité des sexes.Au Mali, l’édition 2016 a eu lieu dans un contexte marqué par la multiplication des violences conjugales. Selon un rapport de l’ONU-Femmes, au Mali, 353 femmes ont été victimes de violences conjugales en 2014 et 603 femmes ont subi ces mêmes violences en 2015. Environ 56% des femmes sont victimes de violences et 44% des femmes mariées subissent des violences physiques, sexuelles ou émotionnelles de la part de leur conjoint.Deux cas occasionnant des décès ont surtout marqué les esprits ces deux dernières années. Il s’agit de l’assassinat le 5 février 2015 à Bamako d’une femme par son époux à coups de couteau et d’une autre abattue par balle, le 23 janvier 2016 à Bamako.Les femmes du Mali, pour attirer l’attention des décideurs, avaient battu le pavé, début février pour dénoncer et exiger que des mesures soient prises pour circonscrire ces barbaries conjugales dignes d’une autre époque.Dans une déclaration, remise au gouvernement, les femmes du Mali ont demandé le renforcement des lois en vigueur, la criminalisation des violences conjugales, la mise en place d’un centre d’accueil et l’accompagnement juridique des victimes des agressions conjugales.Ce cri du cœur des femmes du Mali a donc été entendu par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, qui, en marge de la célébration du 08 mars, a annoncé que très prochainement, dans l’arsenal juridique au Mali, un instrument juridique sera élaboré, pour réprimander avec la plus grande sévérité, ce crime.«Je suis révolté par rapport aux violences faites aux femmes. Un homme qui bat sa femme jusqu’à la mort est d’une lâcheté singulière. Je vais demander au gouvernement de mettre sur pird un arsenal juridique pour faire face à ce crime particulier, un crime indigne qui sera puni avec la plus grande sévérité», a dit le chef de l’Etat malien.

Par Daouda Tougan Konaté (Bamako, correspondance)
Le 09/03/2016 à 14h45