Politique

Mauritanie: l'opposition déterminée à faire échec au référendum constitutionnel

Après l'annonce par le président Mohamed Ould Abdel Aziz de l'organisation d'un référendum populaire sur la base de l'article 38 de la Constitution pour l'approbation de ses réformes, le FNDU affiche sa détermination à faire échec aux manœuvres présidentielles.

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 24/03/2017 à 16h42, mis à jour le 24/03/2017 à 19h14
FNDU

Le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), un regroupement de 10 partis politiques, d'organisations de la société civile, de centrales syndicales et de personnalités indépendantes, est déterminé à faire échec au référendum populaire relatif à un projet de réformes constitutionnelles proposées par le président Mohamed Ould Abdel, sur la base de l’article 38 de la loi fondamentale.

Cette position a été exprimée par les responsables du collectif qui donnaient une conférence de presse ce vendredi 24 mars, moins de 48 heures après l’annonce de la tenue de la consultation populaire par le président mauritanien.

«Nous avons la volonté inébranlable de nous dresser fermement contre ce nouveau putsch et à mener toutes les formes de lutte pour le faire échouer. Nous appelons toutes les forces patriotiques à s’unir et à conjuguer leurs efforts dans un sursaut national pour barrer la route au plan de Mohamed Ould Abdel Aziz visant à s’approprier le pays par un coup d’Etat permanent contre la légalité et les institutions» a expliqué Moussa Fall, vice-président du FNDU.

Au cours de sa rencontre avec la presse, le collectif de l’opposition «a réitéré sa considération» à l’endroit des forces armées et de sécurité et rappelé «qu’elles ne doivent pas être instrumentalisées dans des luttes politiques et électorales, leur mission étant de défendre les institutions de la République contre les coups d’Etat, le totalitarisme et le despotisme, maux qui portent atteinte à la Constitution», a poursuivi Mr Moussa Fall.

Pour sa part, Saleh Ould Hanena, leader du parti HATEM, et officier à la retraite, a soutenu «que l’armée est la plus grande victime du système qui tient actuellement en otage la Mauritanie».

Quant à Yahya Ould Ahmed El Waghf, leader du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-ADIL), ancien Premier ministre, il a précisé que le plan du FNDU visant à faire échec au référendum «est articulé sur trois étapes. Le premier objectif est d’empêcher la convocation du collège électoral par le gouvernement. La deuxième étape consiste en une bataille juridique à travers des recours contre tous les actes de l’Exécutif dans la perspective de la consultation référendaire. Le troisième volet sera déclenché en fonction de l’évaluation des deux premières étapes».

Le FNDU estime que le recours à l’article 38 pour aller vers un référendum «est un forcing, celui-ci étant verrouillé par le titre XI et les articles 99, 100 et 101 de la Constitution du 20 juillet 1991 et ses textes modificatifs, qui définissent de manière explicite et exclusive les voies et moyens de toute révision constitutionnelle».

Les modifications constitutionnelles proposées au référendum annoncé par le chef de l’Etat mauritanien ont été approuvées à une majorité écrasante par l’Assemblée nationale le 9 mars dernier. Cependant, le même projet a été rejeté par le Sénat le 17 mars.

Ces modifications portent sur la suppression du Sénat, la création de conseils régionaux, le changement des symboles nationaux (drapeau et hymne), la suppression de la Haute cour de justice (HCJ) compétente pour juger le président en cas de haute trahison et du Haut conseil islamique (HCI).

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 24/03/2017 à 16h42, mis à jour le 24/03/2017 à 19h14

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