Mauritanie: un parti islamiste dénonce la complicité du Cheikh d’al-Azhar dans la répression en Egypte

Dr Ahmed al-Tayeb, Cheikh d’Al Azhar. . DR

Le 20/03/2018 à 10h51, mis à jour le 20/03/2018 à 10h54

Mohamed Jemil Ould Mansour, opposant mauritanien, ancien leader du parti Tawassoul, un parti de la mouvance islamiste modérée, a saisi l’occasion du voyage en Mauritanie du Cheikh d’al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, pour dénoncer la "complicité" de cette autorité religieuse dans la répression en Egypte.

S’exprimant sur les réseaux sociaux, Jemil Mansour, grande figure de l’islamisme «modéré» en Mauritanie, a écrit qu’Ahmed al-Tayeb symbolise "une image choquante des érudits musulmans à travers la facilité de leur soumission à la tyrannie et à l’injustice. Il a été complice du général Al-Sissi dans la mort de plusieurs innocents et dans la destruction de l’Egypte."

Et d'ajouter que "cette attitude est une violation de la conscience du peuple et illustre le contraire de ce que devrait être la position d’une autorité religieuse et morale de la dimension d’une telle personnalité, qui assume la mission de guide d’une institution aussi prestigieuse que l’Université al-Azhar.".

Poursuivant son texte axé sur une vive critique, l’opposant mauritanien déplore les agissements d’une autorité religieuse, spirituelle et morale, qui a fait le choix «de se ranger dans le camp d’un coup d’Etat sanglant, porteur de la mort du rêve de démocratie en Egypte et ruineux pour ce pays».

Revenant sur le statut d’al-Azhar, Mohamed Jemil Mansour rappelle qu’il s’agit «de la plus grande institution scientifique sunnite du monde, qui a grandement contribué à la diffusion du savoir en Afrique. Mais qui se transforme aujourd’hui en outil de relai du discours et de la propagande politique du tenant du pouvoir au Caire. Autant d’indices malheureux qui se multiplient et pèsent sur la nation, la religion, la liberté et l’avenir du peuple».

Cependant, revenant sur la polémique que le Cheikh d’al-Azhar suscite en Mauritanie, l’opposant se démarque de quelques-uns, ceux qui ont descendu en flammes l’institution en même temps que son actuel dirigeant. Pour lui, «parmi ceux qui ont écrit et commenté cette visite, certains ont fait usage de mots inappropriés, offensants et même insultants concernant cette université. Une attitude qui ne se justifie pas, quelle que soit par ailleurs l’attitude déplorable de celui qui est en charge d’en conduire la destinée actuellement».

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 20/03/2018 à 10h51, mis à jour le 20/03/2018 à 10h54