L’affaire de la Nouvelle banque de Mauritanie (NBM), cédée au groupe canadien Westbridge, est au centre d’un bras de fer judiciaire entre la Banque centrale de Mauritanie (BCM) et les anciens actionnaires, Abdel Baghy Ahmed Bouha et Mohamed Limam Goa Bouna, poursuivis pour diverses infractions bancaires et incarcérés à titre préventif depuis le 18 mars 2021.
Une situation face à laquelle les avocats de la défense dénoncent "une collusion" entre la BCM et Westbridge. Ils annoncent "des preuves supplémentaires irréfutables de manœuvres ayant mis à terre la NBM, avec "la responsabilité de la BCM.
Maître Lô Gourmo, membre du collectif des avocats "rappelle avec force ce que la défense a toujours affirmé la collusion entre la BCM et Westbridge, désormais seul propriétaire de la NBM".
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Pour conforter cette thèse, le collectif "déclare solennellement détenir des preuves supplémentaires irréfutables et décisives quant à la nature et à l’ampleur des manœuvres faites par les dirigeants de la BCM, qui ont débouché sur la situation actuelle. Des éléments à la décharge des ex-actionnaires, qui seront soumis au juge d’instruction pour en tirer toutes les conséquences de droit, dans une perspective de libération d’office", de personnalités auxquelles on aurait pu éviter cette forme "de détention/pression".
L’avocat s’insurge contre l’esprit et les préjugés qui orientent le traitement de cette affaire, et suivant lesquels les Canadiens seraient des saints, "ils ne peuvent pas être des escrocs. Un scandale inconcevable" alors qu’il s’agit d’une société ayant des antécédents de litige en Côte d’Ivoire et connue du système de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
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Pour sa part, maître Yarba Ahmed Saleh, membre du collectif des avocats de la défense, parle de la comparution de ses clients, une audition sans grande incidence sur la conduite de l’information. "Nos clients ont été effectivement entendus. Mais le débat sur le fond est peu déterminant dans une affaire pareille, claire dès le départ", au vu du processus de session, entièrement encadré par la Banque centrale de Mauritanie (BCM), qui a défini les contours et fixé les règles.
