Placée sous le thème «L’impact de l’intelligence artificielle sur les médias», cette édition a débuté par une cérémonie d’ouverture en présence du ministre gabonais de la Communication, Germain Biahodjow, et de l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès. Un moment de recueillement a été observé en hommage à un journaliste décédé la veille.
Dès la première journée, une série d’ateliers animés par des experts internationaux a permis d’aborder les risques et les promesses de l’IA pour le journalisme francophone. Les participants ont également été initiés aux outils d’IA appliqués aux médias, dans le cadre d’échanges décrits comme «riches, interactifs et pratiques».
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Parmi les enjeux centraux : la détection des fausses informations. Boursier Tchibinda, communicant et spécialiste des médias, a insisté sur la nécessité de former les professionnels: «La question de la détection des contenus vrais ou vraisemblablement faux nécessite une formation des spécialistes de l’information aux technologies qui permettent de détecter les contenus afin de s’en approprier l’usage.»
Si l’IA représente un formidable levier d’innovation, elle exige aussi une réflexion profonde sur les fondements du métier. Olivier Piot, président la plate forme afro-européenne Médias & Démocratie ( M&D), a rappelé la dualité de cette technologie: «L’IA peut être une source d’opportunités et une menace si les journalistes n’arrivent pas à réintroduire les questions d’éthique et de déontologie qui sont la colonne vertébrale du métier. Ce n’est qu’ainsi que le journalisme pourra se réinventer avec l’intelligence artificielle.»
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Les défis ne sont pas les mêmes pour tous les médias francophones. Dans certains contextes, comme en République Démocratique du Congo, les moyens manquent pour faire face à cette révolution. Eric Ambago, journaliste à TOP Congo FM, témoigne: «À vrai dire, il est difficile pour les médias congolais de détecter une image, une vidéo sortie de l’intelligence artificielle… Le Congo n’est pas outillé, très peu de formation à ce sujet, très peu de conférences sur l’intelligence artificielle. Pour le Congo, c’est une nouvelle réalité.»
Malgré les disparités, l’intelligence artificielle est perçue comme une chance de renouer avec le public. Désiré Ename, président de la CIPREF, en appelle à une utilisation responsable de ces outils: «L’intelligence artificielle doit nous aider à reconquérir notre lectorat, à utiliser cet outil à bon escient de sorte à ce que nous crédibilisions les informations que nous donnons. Notre souhait, en tant qu’ organisateurs, est que les professionnels ici réunis, d’où qu’ils viennent, apprennent des ateliers et conférences qui sont animés par les experts de la communication.»
Les travaux se poursuivent jusqu’à ce week-end, avec pour objectif de dessiner les contours d’un journalisme francophone à la fois innovant, crédible et ancré dans ses valeurs.
