Afrique du Sud: le nouveau chef de la DA veut faire évoluer l’image blanche de son parti

Geordin Hill-Lewis, maire du Cap et candidat à la tête du deuxième parti d'Afrique du Sud, l'Alliance démocratique (DA).

Le 13/04/2026 à 14h00

Le nouveau dirigeant du deuxième parti d’Afrique du Sud, l’Alliance démocratique (DA), a déclaré lundi qu’il souhaitait élargir la base électorale, principalement blanche, de sa formation politique de centre-droit.

A moins d’un an des élections locales, le maire du Cap Geordin Hill-Lewis a été élu sans surprise dimanche à la tête de la DA, qui souffre d’un plafond de verre électoral en raison de la perception qu’en ont de nombreux Sud‑Africains, selon lui.

Formée en 2000 par la fusion de trois partis, l’Alliance démocratique, qui défend un programme libéral, peine à se défaire de son identité blanche et bourgeoise et à rallier l’électorat noir.

«C’est le premier obstacle qu’on doit surmonter. On doit faire comprendre aux Sud-Africains noirs qu’on a leur avancée à coeur, mais qu’on ne soutient pas le modèle actuel d’enrichissement des élites», a déclaré Geordin Hill-Lewis, 39 ans, lors d’un point presse.

Une référence aux programmes de discrimination positive visant à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis de l’apartheid. Certains sont accusés de profiter à un petit cercle d’hommes d’affaires proches de partis politiques et en particulier du Congrès national africain (ANC), le premier parti.

La frustration grandissante de la population face aux dysfonctionnements politiques, à la dégradation des services et au gaspillage d’argent public offre une opportunité à la DA, à condition de changer son image, veut croire le maire du Cap.

«Je veux vraiment que le parti s’attèle à assurer, et surtout démontrer, qu’on se soucie sincèrement du progrès de chaque Sud-Africain, quelles que soient ses origines», a-t-il expliqué.

«Pendant longtemps, les clivages ethniques en Afrique du Sud ont été très marqués et ancrés mais ils se fissurent et s’effritent», a-t-il estimé, jugeant que les électeurs se tournent désormais vers ceux qui montrent des résultats.

Mais obtenir un soutien plus large sera difficile, a-t-il reconnu: «Le succès ne se fera pas du jour au lendemain. Il faut avancer régulièrement, un pas après l’autre, dans la bonne direction».

L’Afrique du Sud est actuellement dirigée par une coalition hétéroclite de dix partis, dont la DA, depuis que l’ANC a perdu pour la première fois en 30 ans sa majorité absolue lors des élections nationales de 2024.

La DA détient six portefeuilles ministériels, contre 20 pour l’ANC. Lors des élections de 2019, avec à sa tête un dirigeant noir, Mmusi Maimane, elle avait obtenu environ 20% des voix. En 2024, elle a amélioré son score à 22%.

Les Sud-Africains blancs représentent un peu plus de 7% des 63 millions d’habitants de l’Afrique du Sud, qui est en proie à un chômage de masse (31%), première préoccupation de nombreux électeurs.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 13/04/2026 à 14h00