Au Ghana, la vice-présidente américaine Kamala Harris apporte de l’aide et se défend de privilégier l’influence

La vice-présidente américaine Kamala Harris, à Accra.
Le 27/03/2023 à 22h24

La vice-présidente américaine Kamala Harris a rencontré lundi le président ghanéen Nana Akufo-Addo à Accra et annoncé une nouvelle enveloppe d’aide bilatérale, en se défendant de vouloir avant tout étendre l’influence de son pays en Afrique, lors de la première étape de sa tournée sur le continent.

Son périple au Ghana, en Tanzanie et en Zambie, prévu jusqu’au 2 avril, intervient quelques mois après un sommet Etats-Unis-Afrique en décembre à Washington, au cours duquel le président Joe Biden a plaidé pour la création d’une vaste partenariat avec l’Afrique, un continent où les Etats-Unis cherchent à affirmer leur présence face à l’influence croissante de la Chine et de la Russie.

Les États-Unis fourniront au Ghana une aide bilatérale de 139 millions de dollars l’année prochaine, notamment pour financer des initiatives économiques, commerciales et culturelles, ainsi que dans le secteur de la santé, notamment un programme de lutte contre le paludisme, ont annoncé lundi les services de Mme Harris.

Washington «déploiera un conseiller résident à temps plein à Accra en 2023, afin d’aider le ministère des Finances à élaborer et à mettre en œuvre des réformes à moyen et à long terme», précisent-ils par ailleurs dans un communiqué.

A l’issue d’une brève rencontre au palais présidentiel d’Accra, la capitale, Mme Harris et M. Akufo-Addo ont déclaré que cette visite renforcerait les liens entre les deux pays, réfutant tous deux que cette tournée américaine dans trois pays (Ghana, Tanzanie et Zambie) soit motivée uniquement par une lutte d’influence, contre les investissements chinois notamment.

«Ce voyage est mû par l’importance des relations directes entre les États-Unis et le Ghana et, au fur et à mesure que je parcours le continent, avec ces pays également», a affirmé Mme Harris à la presse.

Le président Akufo-Addo lui a emboité le pas, en affirmant : «La Chine est l’un des nombreux pays avec lesquels le Ghana est engagé. La relation entre l’Amérique et le Ghana est une relation qui a sa propre dynamique et qui n’a rien à voir avec un autre pays».

Coopération sécuritaire

Plus tôt en mars, le ministre ghanéen des Finances s’est rendu en Chine, où les deux gouvernements ont discuté de la dette d’Accra.

Aux prises avec une grave crise économique, une dette galopante et une inflation qui dépasse les 50%, le Ghana a trouvé en décembre 2022 un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un prêt de trois milliards de dollars.

Et tout comme ses voisins béninois, togolais et ivoirien, le Ghana -qui a pour l’heure été épargné- fait face au risque d’attaques des groupes jihadistes sévissant de l’autre côté de sa frontière nord, au Burkina Faso.

Les Occidentaux soutiennent une coopération militaire régionale entre les États côtiers d’Afrique de l’Ouest, ainsi que des initiatives visant à favoriser le développement et l’aide dans les régions frontalières vulnérables du nord.

Le bureau de Mme Harris a ainsi déclaré que le gouvernement Biden investira également 100 millions de dollars pour aider le Ghana, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo à lutter contre la menace jihadiste.

Cette tournée de la vice-présidente américaine en Afrique vise à renforcer les liens avec un continent largement ignoré par Donald Trump et longtemps considéré par Washington comme une zone plus problématique qu’une opportunité.

Mme Harris doit quitter le Ghana mercredi pour se rendre à Dar es Salaam, en Tanzanie.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 27/03/2023 à 22h24

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