Burkina Faso: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

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Le 19/01/2026 à 20h29

L’ancien président de la transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en 2022, et accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch dans son pays natal, a été arrêté au Togo où il était en exil et expulsé.

M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 dans un putsch contre le président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.

Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois.

Selon un de ses proches, M. Damiba a été arrêté la semaine dernière à Lomé et jugé pour «tentative de déstabilisation», au Burkina avant d’être conduit à l’aéroport.

Une source sécuritaire régionale et une source togolaise proche du dossier ont confirmé ces informations.

Sa destination était inconnue, mais certaines sources évoquent une probable expulsion vers le Burkina Faso.

Les autorités de Ouagadougou n’avaient pas communiqué lundi sur ce sujet.

Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit «espérer» l’extradition de M. Damiba qui a été radié de l’armée à cette même époque pour «intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes» visant à déstabiliser le Burkina.

Depuis sa prise de pouvoir, la junte du capitaine Traoré annonce régulièrement avoir déjoué des tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.

Peine de mort

Le 3 janvier, «était prévue une action de déstabilisation du pays (...) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré», avait affirmé quelques jours après cette date le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana à la télévision d’Etat.

Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d’«aveux» de complices présumés, égrenés chaque soir à la télévision d’Etat, qui affirmaient tous avoir agi sur instruction de M. Damiba.

En avril 2025, le Burkina avait arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers.

Et en septembre 2024, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été présenté comme le chef du «volet militaire d’un vaste complot», déjoué.

Le Burkina Faso a rétabli récemment la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.

Lors de sa prise de pouvoir, le capitaine Traoré avait promis de rétablir la sécurité en quelques mois.

Le pays reste empêtré dans une situation sécuritaire très délicate, avec des violences jihadistes qui font des milliers de morts dans de larges pans de son territoire.

Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l’ancienne puissance coloniale française dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes, début 2023.

Il s’est tourné vers de nouveaux partenaires à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des juntes militaires.

Les trois pays se sont notamment rapprochés de la Russie.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 19/01/2026 à 20h29